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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




LE VOYEUR

 

LE VOYEUR
(Peeping Tom)

Réalisateur : Michael Powell
Année : 1960
Scénariste : Leo Marks
Pays : Angleterre
Genre : Thriller, Drame
Interdiction : /
Avec : Karlheinz Böhm, Anna Massey, Moira Shearer, Maxine Audley, Brenda Bruce...


L'HISTOIRE : Mark Lewis est un jeune homme énigmatique et solitaire, passionné d'image jusqu'à l'obsession. Opérateur-caméra dans un studio de cinéma, il fait aussi des extras comme photographe de charme dans la boutique d'un marchand de journaux. Son appartement est un immense laboratoire rempli de matériels, d'appareils, de chimie. Là, il développe et visionne seul ses propres films à longueur de temps. La caméra toujours à portée de main, Mark Lewis dit tourner un documentaire mais il s'emploie en réalité à une démarche bien plus morbide: il traque la peur de la mort dans le visage de jeunes femmes…

MON AVIS : Dans l'évolution du cinéma de terreur, il y a plusieurs années marquantes et 1960 en est assurément une. Bien sûr, c'est en 1960 qu'un certain Norman Bates fait entrer la terreur dans le monde réel pourrait-on dire, puisque dans Psychose, il n'y a ni vampire, ni créature de Frankenstein ni autres monstres du bestiaire du fantastique, ni château inquiétant ou cimetière hanté. Seulement un homme d'apparence normale, qui pourrait être votre voisin, qui travaille dans un simple motel et qui est en réalité un dangereux psychopathe. Alfred Hitchcock a marqué de manière indélébile l'histoire du cinéma de terreur avec son chef-d'oeuvre. Mais on oublie très souvent que 1960 n'est pas seulement l'année de Norman Bates ! C'est aussi celle d'un certain Mark Lewis, anti-héros du film Le Voyeur de Michael Powell ! Un autre film qui nous fait prendre conscience que l'horreur et la terreur peuvent être juste situées à la porte d'à côté. Psychose et Le Voyeur sont deux films très importants pour toute la vague à venir du film dit de serial-killer. Il est assez surprenant de trouver le nom de Michael Powell à la réalisation, le film de terreur n'étant pas du tout l'apanage de ce grand metteur en scène à qui l'on doit les superbes Le Voleur de Badgad en 1940, Le Narcisse Noir en 1947 ou Les Chaussons Rouges en 1948 entre autres. Avec Le Voyeur, il prend un gros risque qui ne sera guère payant pour lui, le film connaissant les foudres du public et des critiques. Retiré des salles après seulement une semaine d'exploitation, son sujet malsain a provoqué un vrai scandale et ce n'est que bien plus tard, lors d'une ressortie en 1979 due à Martin Scorsese que Le Voyeur acquit sa réputation d'oeuvre culte et majeure du genre. Evidemment, revu en 2022, il n'y a a plus rien de choquant mais le film conserve une patine assez remarquable qui fait que sa vision en devient presque hypnotique. Bourré d'idées complètement folles, le scénario est l'objet d'un certain Leo Marks, qui proposa à Powell de le mettre en scène. Subjugué par le récit, ce dernier accepta, allant même jusqu'à interpréter lui-même le père de Mark Lewis dans les séquences de flashback, à faire jouer son propre fils dans lesdites séquences ou Mark Lewis n'est qu'un enfant et à se servir de la maison dans laquelle il a été élevé à Londres pour les tourner. Pour interpréter son tueur scoptophile, il choisit le comédien d'origine autrichienne Karlheinz Böhm, célèbre pour son rôle dans la saga des Sissi. L'acteur, blond comme les blés, casse donc radicalement son image avec Le Voyeur, dans lequel il joue un détraqué obnubilé par sa caméra, par l'image et qui désire immortaliser sur pellicule la notion de peur. Il faut dire que sa condition de tueur n'est pas vraiment de sa faute puisque depuis son plus jeune âge, il a été le cobaye des études scientifiques de son père, sur la peur justement. La où Norman Bates était une victime de l'amour maternel, Mark Lewis peut rejeter la faute sur la figure paternel, ce qui sera assez rare dans les films de serial-killer à venir. Le film possède un rythme assez particulier, assez posé, ne cédant jamais à l'action. On suit les méfaits de Mark Lewis, on entre dans sa psyché destructrice, on entre dans sa vie, comme on le fera avec Henry, Portrait d'un tueur en série en 1986. La violence dans Le Voyeur n'est jamais graphique, elle est toujours hors-champ, n'est jamais filmée de manière frontale, à la différence du terrible meurtre sous la douche de Psychose. Il n'en reste que cet aspect suggestif reste efficace et que notre esprit compose lui-même les images non vues lors des agressions des pauvres victimes féminines. La méthode de mise à mort, entraperçue dans la quasi totalité du film avant d'être explicitement montrée lors du final, est des plus originales, avec cette petite caméra montée sur un trépied dont l'un des embouts peut se détacher pour laisser apparaître une lame aiguisée. Un trompe-l’œil, tout comme le film d'ailleurs, puisque le spectateur doit creuser la fausseté des apparence pour mettre en lumière la vérité. La mise en scène de Powell est superbe, avec des techniques innovantes, qui en feront l'un des films de chevet d'un certain Brian de Palma. Par bien des aspects, Le Voyeur préfigure le giallo, avec son utilisation des couleurs, ses mouvements de caméra, sa façon de filmer les victimes et j'en passe. On note par contre que Powell ne prend jamais partie, ni pour, ni contre, son anti-héros. Certes, les flashback et son passé tendent à nous le faire prendre en empathie mais ce n'est jamais explicite. La relation amoureuse entre ce drôle de personnage et la jeune Helen (Anna Massey) met par contre bien en évidence la psychose de Mark Lewis et son incapacité à vivre hors de son propre univers. Le Voyeur est un objet filmique qui n'aura de cesse d'intriguer et de passionner. Tout cinéphile qui se respecte se doit de l'avoir vu. 


DON'T LOOK UP

DON'T LOOK UP
(Don't Look Up)

Réalisateur : Adam McKay
Année : 2021
Scénariste : Adam McKay
Pays : Etats-Unis
Genre : Comédie, Drame
Interdiction : /
Avec : Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Rob Morgan, Cate Blanchett...


L'HISTOIRE : Deux astronomes indépendants découvrent qu'une comète fait route vers la Terre. Après de savants calculs, il faut bien se rendre à l'évidence : la comète, d'une taille gigantesque, va percuter la Terre dans un peu plus de 6 mois et probablement éradiquer tout être vivant à sa surface. Les deux astronomes se lancent dans une course contre la montre pour prévenir les gouvernements qu'il faut agir maintenant si on veut s'en sortir. Malheureusement pour eux, pas grand monde ne les prend au sérieux et le compteur vers l'inéluctable ne cesse de tourner...

MON AVIS : Avec Don't Look Up, le réalisateur Adam McKay livre une satire féroce et malheureusement terriblement réaliste sur ce que nous sommes déjà en train de vivre. On le sait, la crise climatique qui est déjà en marche n'intéresse pas grand monde, en particulier les divers dirigeants du Monde, qui sous-estiment les méfaits à court et long terme du réchauffement de la planète. Qui plus est, les fake news et le discours des climato-sceptiques ne font guère avancer le schmilblick, divisant la population au lieu de la regrouper derrière un ennemi commun. Ce constat, cheval de bataille de l'acteur Leonardo DiCaprio, trouve donc sa métaphore au sein de Don't Look Up, la crise climatique prenant ici l'apparence d'une gigantesque comète qui va venir percuter la Terre dans 6 mois environ. S'inspirant du climatologue Michael E. Mann, le personnage du docteur Randall Mindy, joué par DiCaprio, excellent comme d'habitude, va donc devoir convaincre la présidente des USA du danger à venir, afin que cette dernière fasse passer le message et prenne les mesures qui s'imposent pour tenter de faire dévier la comète de sa trajectoire. A partir de là, Adam McKay nous offre des scènes ahurissantes de drôlerie, chaque partie minimisant ledit danger et prenant les lanceurs d'alerte pour des fous furieux, à l'image de Kate Dibiaski, le personnage interprété par la toujours charmante et talentueuse Jennifer Lawrence ou le Dr. Teddy Oglethorpe (Rob Morgan). Séquence au bureau ovale qui nous laisse aussi consterné que les scientifiques, scènes sur des plateaux-télévisées où seul l'audimat compte et bien sûr, apparition des "Anti" qui refusent toutes données scientifiques et préfèrent privilégier leurs théories complotistes. On trouvera bien sûr un triste écho à la situation actuelle face à la pandémie de Covid-19. La satire s'élève un à haut niveau lorsque le point de vu économique et capitaliste vient creuser son sillon dans le drame en préparation, puisque la comète possède des atouts de rentabilité qui s'élèvent à des milliards ! De là à se dire que sa présence est en fait bénéfique et qu'il faut s'en réjouir, il n'y a qu'un pas, que certains franchiront bien sûr, appâté par le gain ! On ne peut que sourire (jaune) face à toutes les situations proposées, qui s'avèrent vraiment très drôles. Un humour très noir bien sûr, mais qui fonctionne du tonnerre, servi par un scénario original et rentre-dedans, par une pléiade d'acteurs et d'actrices parfaitement en place et par une mise en scène audacieuse et qui tape là où il faut, avec des personnages haut en couleur, caricaturaux mais dont on devine facilement à qui ils font référence. Face à autant de bêtise humaine, on a bien compris que tout est perdu d'avance de toute façon, ne reste plus qu'à souhaiter être mort avant que tout cela n'arrive. Dommage pour les générations futures mais on ne pourra pas dire qu'on a pas été prévenu. Est-il trop tard pour ouvrir les yeux ?



SANCTUM

 

SANCTUM - 3D
(Sanctum)

Réalisateur : Alister Grierson
Année : 2011
Scénariste : John Garvin, Andrew Wight
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Aventure, Thriller, Drame
Interdiction : /
Avec : Rhys Wakefield, Alice Parkinson, Christopher James Baker, Richard Roxburgh...


L'HISTOIRE : Plongeur expert, Frank McGuire se lance dans l’exploration à haut risque des grottes immergées d’Esa’ala, dans le Pacifique sud. Il emmène avec lui entre autres son fils de dix-sept ans, Josh, et le milliardaire Carl Hurley, qui finance l’expédition. L’équipe s’engage dans le plus vaste, le plus mystérieux et le plus inaccessible des réseaux de grottes du monde. Lorsqu’une tempête tropicale s’abat sur la zone, ils sont obligés de s’enfoncer dans le labyrinthe sous-marin pour lui échapper. Désormais perdus dans un décor incroyable, ils doivent absolument trouver une issue avant qu’il ne soit trop tard. Ce monde inconnu ne leur pardonnera aucune erreur…

MON AVIS : Fort du succès mondial d'Avatar et de sa technologie 3D révolutionnaire, James Cameron, qui n'a pas le temps de se lancer dans d'autres projets que les suites de son film en tant que réalisateur, va produire Sanctum en 2011 et pour l'occasion, prête sa caméra 3D au réalisateur Alister Grierson afin qu'il puisse filmer de manière immersive les décors sous-marin de la grotte gigantesque qui sert de lieu d'action à son histoire de spéléologues coincés à des centaines de mètres sous la surface de la Terre. On avait déjà eu The Descent qui se proposait de nous angoisser dans cet univers obscur et inquiétant, claustrophobique. Ce sera aussi le cas avec Sanctum, à la différence qu'il n'y a aucun monstre ou créature féroce dans ce film. Dommage d'ailleurs, j'aurai bien aimé en voir un, de monstre, tapis dans les parois rocheuses ou dans les lacs souterrains, ça aurait dynamisé le rythme. Mais non, les scénaristes de Sanctum ont préféré miser sur les rapports tendus entretenus par les divers personnages et notamment sur les rapports conflictuels entre un père, as de la spéléologie, et son fils. Des rapports qui vont bien sûr évoluer au fil de l'avancée du film, la tension provoquée par la situation complexe qu'ils vont vivre les rapprochant. Du déjà vu, certes, on ne pourra pas dire que le scénario soit très original à ce niveau, ni dans les péripéties et retournements de situation qu'il propose. Néanmoins, le travail est correctement fait et malgré l'aspect un peu trop convenu du déroulement de l'histoire (on s'attend quasiment à tout ce qu'il va arriver), Sanctum se suit sans déplaisir, nous émerveillant grâce à ses fabuleux décors naturels, magnifiés par l'emploi de la 3D qui leur donne parfois un aspect surréaliste et hypnotique. L'aventure promise est au rendez-vous et se transforme rapidement en un survival cruel pour les protagonistes, qui n'ont souvent pas le choix de leurs actes et qui doivent agir en conséquence, de manière parfois dramatique, s'ils veulent s'en sortir vivant. Le personnage du père, froid, méthodique, tout l'opposé de son fils, est le plus intéressant ici car tous ses actes, aussi répréhensibles qu'ils soient, tendent à un unique but : rester en vie et sauver un maximum de personnes. Il faut dire que la situation s'avère assez périlleuse : une violente tempête fait dévaler des litres d'eau à l'intérieur de la grotte gigantesque, empêchant toute remontée vers l'extérieur. Il faut donc trouver une nouvelle sortie dans les nombreux dédales de la grotte, en utilisant tous les chemins possibles : s'accrocher aux parois pour escalader, plonger dans des zones d'eau sans savoir si il y a une issue de l'autre côté, gérer l'oxygène, gérer le phénomène de pression sur le corps humain également, en plus de comportements de chaque personnes présentes. Ce qui devait être une expédition paradisiaque, dans un décor jamais vu par l'homme, se transforme en cauchemar éveillé, avec de nombreuses pertes humaines. De quoi donner à réfléchir si l'envie vous prend de jouer les spéléologues ! Aventure humaine avant tout, Sanctum, sans être le film de l'année, loin s'en faut, a des arguments solides tout comme il a des défauts et sa vision en 3D est plus que recommandé pour en prendre plein la vue. 

* Disponible en BR 3D chez Metropolitan 


LE VILLAGE DES DAMNES (1995)

 

LE VILLAGE DES DAMNÉS
(Village of the Damned)

Réalisateur : John Carpenter
Année : 1995
Scénariste : David Himmelstein
Pays : Etats-Unis
Genre : Science-fiction
Interdiction : /
Avec : Christopher Reeves, Kirstie Alley, Mark Hamill, Linda Kozlowski, Michael Paré...


L'HISTOIRE : Un étrange événement se déroule dans la petite ville de Midwich : tous les habitants tombent dans un état léthargique. Quelques minutes plus tard, tout le monde se réveille et cherche à comprendre ce qui s'est passé. Les autorités gouvernementales enquêtent, sans succès. Peu de temps après, plusieurs femmes de la ville découvrent qu'elles sont enceintes. Elles donnent naissance à dix enfants, dont neuf survivent. En grandissant, les neuf enfants, qui semblent tous avoir les mêmes gènes, développent des pouvoirs inquiétants : ils peuvent lire les pensées et surtout, ils parviennent à contrôler l'esprit des gens. Des drames ont lieu, les habitants commencent à avoir peur...

MON AVIS : En 1960, le réalisateur Wolf Rilla adapte le roman de John Wyndham pour ce qui deviendra un classique du cinéma de science-fiction avec Le Village des Damnés. En 1995, c'est John Carpenter qui décide de livrer sa version. L'exercice du remake, il connaît déjà puisqu'il a dynamité La Chose d'un Autre Monde de 1951 avec son chef-d'oeuvre The Thing en 1982. Manque de bol, il ne réitère pas cet exploit avec Le Village des Damnés. Là où il se montrait très innovant avec The Thing, apportant une réelle plus-value et des changements conséquents au film de 1951, il se contente ici d'une mise en scène très académique, n'apportant que peu d'idées neuves, si ce n'est le comportement de David, un enfant extra-terrestre qui se met à avoir des sentiments ou bien encore l'accent mis sur la nature même des enfants, seulement suggérée dans le film de 1960 et totalement corroboré dans le film de 1995, avec une séquence qu'on croirait issue de l'épisode Les Hybrides de la saison 1 d'X-Files ! Si les jeunes acteurs jouant les enfants extra-terrestres sont convaincants, notamment la jeune fille qui interprète la leader Mara, particulièrement angoissante, et qui est aussi un changement notoire vis à vis du film de Wolf Rilla, si la présence de Christopher Reeves et de Mark Hamill rajoute également à l'empathie ressentie envers le film, qui est loin d'être mauvais, loin de là, mais force est de constater qu'on a connu John Carpenter bien plus inspiré et qu'on préférera revoir le film original, bien plus emblématique pour ma part.

* Disponible en DVD et BR chez -> ELEPHANT FILMS <-



WOLFBOY

 

WOLFBOY
(The True Adventures of Wolfboy)

Réalisateur : Martin Krejcí
Année : 2019
Scénariste : Olivia Dufault
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame, Aventure
Interdiction : /
Avec : Jaeden Martell, Sophie Giannamore, Eve Hewson, John Turturro, Chloé Sevigny...


L'HISTOIRE : Paul, 13 ans, souffre d'hypertrichose, une maladie qui entraîne une pilosité envahissante sur l'ensemble de son corps et de son visage. Raillé pour son apparence, Paul, après une dispute avec son père, décide d'entamer un long périple pour retrouver sa mère qu'il n'a jamais connu. En chemin, il fait connaissance avec des personnes atypiques, comme Aristiana, Rose ou Mr Silk. Un périple semé d'embûches...

MON AVIS : Tiens, un film de loup-garou pour ados ? C'est la première impression qui nous vient à l'esprit en découvrant l'affiche de Wolfboy, un film de 2019 réalisé par Martin Krejcí, dont c'est le premier long-métrage. En fait, pas du tout. Si le public cible reste les adolescents, bien que Wolfboy puisse être pleinement apprécié par l'ensemble de la famille, point de loup-garou au programme. Du moins, pas dans le sens où on l'entend traditionnellement. Nous ne sommes pas du tout dans une variation du Teen Wolf avec Michael J. Fox, dans lequel un jeune ado se retrouvait atteint de lycanthropie et se transformait en monstre poilu sympa. Non, ici, on parle de la maladie baptisée hypertrichose, qui correspond à un développement excessif de la pilosité tant chez l'homme que chez la femme. Une maladie qui est, par contre, à l'origine du mythe du loup-garou, en ces temps reculés où la médecine n'avait pas encore pignon sur rue et que les pauvres personnes atteintes de cette maladie étaient considérées comme des monstres ou exposées dans les foires en tant qu'homme-loup ou femme-louve. C'est donc de cette curieuse maladie qu'est atteint le jeune Paul, 13 ans, superbement interprété par Jaeden Martell, acteur que j'ai découvert dans les deux chapitres du récent Ça, adaptation du roman culte de Stephen King et dans lesquels il interprétait le personnage principal, celui du jeune Bill Denbrough. On connaît la cruauté des adolescents envers les personnes différentes et cette pilosité excessive vaut à Paul des méchants sobriquets et des agressions quotidiennes. Sans ami, vivant seul avec son père depuis que sa mère l'a abandonné à sa naissance, la vie de Paul n'a rien de rose, malgré tous les efforts de son paternel. Paul déteste les autres, leurs regards, leurs moqueries et, pire encore, se déteste lui-même. Une situation vécue par de nombreux ados dans la vie de tous les jours et qui trouvera donc ici un bel écho chez ces derniers. Lorsqu'il reçoit une lettre de sa mère pour son anniversaire, Paul décide de partir à sa recherche et va donc entreprendre un voyage initiatique. Un sujet classique mais traité ici avec originalité et beaucoup d'émotion. Présenté tel un conte, découpé en chapitre qui possède tous un titre, Wolfboy nous entraîne à la suite de son héros, son périple lui faisant rencontrer d'autres marginaux et l'ouvrir au monde qui l'entoure. Parmi ses rencontres, il y aura Aristiana, une jeune fille se prenant pour une sirène et qui chante dans un bar tout en cachant un secret, Rose, une fille pirate adepte des vols à l'étalage qui porte toujours un bandeau sur un de ses yeux ou bien encore Mr Silk, le patron d'une fête foraine qui voit en Paul la possibilité de gagner beaucoup d'argent en l’exhibant face à la foule. Des rencontres qui vont faire prendre à Paul que lui aussi peut avoir des amis, que le regard des autres peut être positif quand on s'intéresse à sa personnalité et non pas à la simple apparence physique. Une ode à la différence, traitant du principe simple que l'habit ne fait pas le moine, et dans lequel les notions d'amitié et de tolérance sont intelligemment mises en avant. Wolfboy est un très joli film, et les jeunes acteurs sont franchement épatants, à commencer par Sophie Giannamore qui interprète la rêveuse Aristiana ou bien encore Eve Hewson, la fille de Bono, le leader de U2, qui campe la déjantée Rose. Des personnages qui cache un mal-être profond et qui s'avèrent des plus touchants. Si vous avez aimé le film Mask de Peter Bogdanovich, vous aimerez sans aucun doute Wolfboy.

* Disponible en VOD dès le 15 février 2022 sur diverses plateformes.      


ZENABEL

 

ZENABEL
(Zenabel)

Réalisateur : Ruggero Deodato
Année : 1969
Scénariste : Gino Capone, Ruggero Deodato, Antonio Racioppi
Pays : Italie, France
Genre : Aventure, comédie, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini...


L'HISTOIRE : En 1627, dans l'Espagne du Siècle d'or, la jeune Zenabel apprend de son père mourant qu'elle est en réalité une fille adoptée. Ses vrais parents, le duc et la duchesse de Valle Stretta, furent assassinés alors qu'elle était encore un bébé. Le responsable de ce double meurtre, don Alonso y Moira, un baron sans foi ni loi, est depuis devenu le maître des lieux, faisant régner la terreur dans le duché. Désormais, Zenabel va tout mettre en œuvre afin de reconquérir son titre et ses biens, ainsi que venger la mort de ses parents. Sa quête sera longue et semée d'embûches…

MON AVIS : Quand on évoque le nom de Ruggero Deodato, on pense évidemment à l'infâme Cannibal Holocaust mais aussi à La Maison au fond du ParcLe Dernier Monde Cannibale ou à Amazonia la Jungle Blanche entre autres. Des films chocs, radicaux. Mais le réalisateur italien n'a pas que cette corde à son arc. Aussi, quand l'éditeur Le Chat qui Fume sort dans une belle édition Blu-Ray un titre méconnu de sa filmographie, Zenabel, la curiosité l'emporte immédiatement, surtout qu'on est bien loin des atrocités cannibalistiques de son chef-d'oeuvre de 1980. Comme vous le voyez via l'affiche ci-dessus, Zenabel jouerait plutôt dans la cour du film d'aventure romanesque et du film de cape et d'épée, à l'image de notre belle saga des Angélique Marquise des Anges, avec un côté encore plus bis évidemment. Ce sera bel et bien le cas puisque les aventures de Zenabel, interprétée par la blonde Lucretia Love, se pare ici d'une touche érotique bon enfant, qui ravira les yeux des spectateurs masculins. Tous les ingrédients du cinéma populaire d'aventure se retrouve ici : on a l'héroïne qui découvre qu'on lui a caché sa véritable identité et qui est en fait une duchesse, ce qui la conduira à vouloir reprendre son trône au vil usurpateur joué par John Ireland ; on a des scènes de bagarres et de duels à l'épée ; on a des guet-apens ; on a une horde de rebelles emmenée par le ténébreux Mauro Parenti, qui tombera sous le charme de Zenabel et lui prêtera main forte dans sa quête et j'en passe, le tout dans de superbes décors naturels, tels les cascades, le parc et les vestiges romains du Mont Gelato par exemple. Deodato le dit lui-même : il a eu pas mal de moyens financiers pour réaliser Zenabel et ça se voit au niveau des costumes et du nombre de figurants lors de certaines séquences. La mise en scène est assez énergique, on n'a guère le temps de s'ennuyer face aux diverses situations proposées. Le film bénéficie en outre d'un humour bienvenu, qui nous fait penser aux futures sexy comédies 70's, avec un personnage homosexuel par exemple. Les mimiques de l'acteur Lionel Stander nous amuseront également, tout comme son comportement rigolo. Plus étonnant pour le public contemporain, on note dans le film une réelle touche féministe, avec Zenabel qui veut redonner le pouvoir aux femmes par exemple et faire que les hommes leur témoignent bien plus de respect. L'émancipation de la femme, débutée au début des années 60, trouve ici un écho notable. Cet aspect féministe est néanmoins contrebalancé par la dimension érotico-comique qui suinte par tous les pores de la pellicule. Car, entendons-nous bien : Zenabel est avant tout un petite gaudriole polissonne qui ne cache pas son objectif premier : déshabiller tout son casting féminin ! Le producteur du film, Mauro Parenti, qui joue donc Gennaro, le chef des rebelles, vouait une véritable obsession envers la gent féminine selon Deodato et son unique but était de pouvoir filmer les nombreuses actrices entièrement nues, ce qui sera bel et bien le cas en effet. Il ne se passe pas dix minutes sans qu'une paire de seins ou de fesses n'apparaissent à l'écran, le tout dans une bonne humeur communicative et sans vulgarité aucune. De l'érotisme désuet, gentillet, qui vient égayer encore plus les aventures rocambolesques de notre héroïne sans peur ! Il faut croire que c'était bien trop gentillet pour la sortie française puisque le film, d'abors distribué en 1974, ressortit en 1976, caviardé par divers inserts un peu plus porno qui n'apportent rien au final. Le titre a également changé puisque dans notre beau pays, on le connaît sous l’appellation Faut pas Jouer avec les Vierges. Bref, pour ceux qui désirent découvrir une autre facette de Ruggero Deodato, Zenabel tombe à point nommé et saura divertir l'amateur de cinéma bis sans aucun doute.

* Disponible en BR chez -> LE CHAT QUI FUME <- 
BONUS:
• Documentaire DEODATO HOLOCAUST (1h11)
• Le pouvoir des filles avec Ruggero Deodato (19mn)
• ZENABEL par Philippe Chouvel (32mn)
• Séquences coupées interdites aux mineurs (19 mn)


CHAIR POUR FRANKENSTEIN

 

CHAIR POUR FRANKENSTEIN
(Flesh for Frankenstein)

- visionné en BR 3D -

Réalisateur : Paul Morrissey
Année : 1973
Scénariste : Paul Morrissey, Tonino Guerra, Pat Hackett
Pays : Italie, Etats-Unis, France
Genre : Horreur, Gore
Interdiction : -16 ans
Avec : Udo Kier, Joe Dallesandro, Dalila di Lazzaro, Arno Jürging, Monique van Vooren...


L'HISTOIRE : Afin de créer une race parfaite, le Baron Frankenstein, aidé de son assistant Otto, entreprend de trouver la tête qui manque à son ultime création. Croyant avoir trouvé la tête idéale chez un beau garçon qu'il croit également doué pour le sexe, le Baron décapite en réalité un jeune homme qui voulait devenir moine. Une fois sa créature mâle terminée, le Baron lui présente une ravissante créature femelle mais cette dernière ne provoque aucune réaction chez son congénère. Dans le même temps, la femme du Baron, qui s'ennuie à mourir dans son château, s'octroie les faveurs d'un nouveau serviteur, qui n'est autre que le meilleur ami du garçon décapité par son époux...

MON AVIS : En 1973 et 1974, le réalisateur Paul Morrissey, connu pour sa trilogie mettant en vedette l'acteur Joe Dallesandro (Flesh / Trash Heat), réemploi ce dernier pour un diptyque érotico-horrifique qui a fait la joie des amateurs de cinéma déviant ! J'ai nommé bien entendu Chair pour Frankenstein, qui sera donc suivi par Du Sang pour Dracula, les deux œuvres ayant beaucoup en commun, à commencer par le casting puisqu'on retrouve dans les deux films le génial Udo Kier, Joe Dallesandro ou Arno Jürging, mais également le compositeur Claudio Gizzi, le directeur de la photographie Luigi Kuveiller, la plupart des producteurs (dont Andy Warhol ou notre frenchy Jean Yanne) ainsi que Carlo Rambaldi aux effets-spéciaux. Ce diptyque a également pour point commun le fait d'associer érotisme, situations scabreuses et gore décomplexé et de donner l'occasion à Udo Kier de livrer deux savoureuses prestations, une dans le rôle du Baron Frankenstein et l'autre dans le rôle du Comte Dracula. Personnellement, j'ai toujours préféré Chair pour Frankenstein à Du Sang pour Dracula et cette nouvelle vision, enfin dans sa version d'origine, à savoir en 3D, ne me fera pas changer d'avis, bien au contraire ! Chair pour Frankenstein, visionné en relief, augmente encore le plaisir jubilatoire qu'on a d'assister aux expériences pas piquées des hannetons de notre Baron Frankenstein, toujours aussi cinglé ! C'est en effet un véritable déluge d'effets de jaillissements qui nous attend, et quand certain de ces effets versent dans le gore, on se prend à avoir un grand sourire sur le visage, tentant avec nos doigts de palper les viscères et autres organes qui sortent littéralement de notre écran ! Déjà qu'en version plate, le spectacle était fun au possible alors imaginez en 3D ! Udo Kier campe un excellent Baron Frankenstein, qui déclame des sentences hilarantes avec force et conviction ("Pour connaître la mort, Otto, tu dois baiser la vie... dans la vésicule biliaire !") et ne vit que pour l'accomplissement de son oeuvre, à savoir créer deux êtres parfaits qui s'accoupleront afin de donner naissance à des êtres parfaits qui pourront alors repeupler la Terre et le glorifier ad vitam aeternam ! Toujours aussi mégalomane, excentrique, fou à lier, notre cher Baron ! Toujours est-il qu'il a nettement progressé en matière de conception de créatures à l'aide de diverses parties du corps depuis ses premières apparitions au cinéma ! Il suffit de voir la ravissante créature femelle, interprétée par le non moins charmante Dalila di Lazzaro ! Alors oui, la cicatrisation de l'ensemble n'est pas encore parfaite mais malgré ça, difficile de ne pas la trouver sexy, surtout qu'elle passe la plupart du temps entièrement nue à l'écran. Il faut voir le Baron fouiller dans les entrailles de cette jolie créature ou lui faire l'amour sur la table d'opération, en lui caressant les organes internes, provoquant l'incrédulité de son assistant Otto, joué par le tout aussi excellent Arno Jürging qui fait des mimiques avec son visage à mourir de rire ! et tout ça se déroule dans une bonne humeur communicative et ultra-festive, là où Du Sang pour Dracula se montre nettement plus mélancolique. L'érotisme est bien présent tout au long du film, Joe Dallesandro remplit son rôle de serviteur sexuel vis à vis de la Baronne avec classe et vigueur, et la présence des deux enfants du couple incestueux, la Baronne étant la sœur du Baron, crée un côté un peu malsain puisque les deux têtes blondes, qui connaissent tous les passages secrets du château, assistent autant aux expériences de leur père qu'aux accouplements de leur mère ! Forcément, ça laisse des traces chez d'aussi jeunes enfants et le final ne fera que confirmer ce qu'on pensait d'eux tout au long du film, ce qui rajoute à l'humour noir lui aussi bien présent ! Niveau gore, il y a de quoi faire, avec des effets-spéciaux plus ou moins réussis (la tête décapitée fait peu illusion par exemple) mais dans l'ensemble, pas de quoi bouder son plaisir, surtout lors du final grand-guignolesque à souhait et qui trouve un écrin parfait en 3D ! Pour tous amateurs de cinéma trash, pour tous ceux qui n'hurlent pas au sacrilège de voir des figures mythiques comme le Baron être malmenées avec amour mais aussi irrévérence et humour, n'hésitez pas à vous plonger corps et âme dans Chair pour Frankenstein ! Un titre phare de la célèbre collection VHS René Chateau Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision et qui est donc désormais disponible en UHD, BR (sous-titres anglais) et donc en 3D (anaglyphe et Real 3D) grâce à l'éditeur Vinegar Syndrome