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Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !



AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.




LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA

 

LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA
(Les Nuits Brûlantes de Linda)

Réalisateur : Jess Franco
Année : 1975
Scénariste : Nicole Guettard, Jess Franco
Pays : France, Italie
Genre : Thriller, drame, érotique
Interdiction : -16 ans
Avec : Alice Arno, Lina Romay, Paul Muller, Monica Swinn, Pierre Taylou...


L'HISTOIRE : Marie-France trouve un emploi comme nurse dans une famille française et puritaine résidant en Grèce.  Le père est soupçonné d'avoir assassiné autrefois son épouse adultère et vit dans le remords. A ses côtés, sa fille Linda, paralytique, et Olivia, sa nièce nymphomane. Et enfin, Abdul, l’homme à tout faire simple d’esprit et quasi muet. Les frustrations de la famille vont être chamboulées par l’arrivée de Marie-France…

MON AVIS : Ah Jess Franco ! Des nouveaux titres dans la belle collection qui lui est dédié chez nos amis d'Artus Films ! On attaque avec Les Nuits Brûlantes de Linda, qui aurait très bien pu s'appeler Les Nuis Brûlantes de Lina ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la Linda du titre est interprétée par Catherine Lafferiere, qui est, dans le film, une jeune fille infirme et muette alors que sa cousine Olivia, interprétée cette fois-ci par Lina Romay, est une pure nymphomane qui a des nuits bien agitées. Je précise que la version proposée par l'éditeur est la version soft et que le terme "nuits brûlantes" est un peu exagéré vu que le potentiel érotique se montre plutôt très tiède ici. Comme souvent chez Franco, le film a bénéficié de plusieurs versions dont une X, ces séquences hards étant proposées dans la section bonus. Et effectivement, le titre est plus justifié avec sa version X. Mais bon, parlons de la version visionnée : en l'état, on retrouve tout ce qui fait le charme (ou le défaut ?) des films de Franco, à savoir une abondance de zoom à n'en plus finir, sa muse Lina Romay filmée sous toutes les coutures, un montage parfois un peu abrupte, un jeu d'acteurs parfois approximatif, une histoire qui mêle divers genres et dont le fil conducteur semble s'être égaré au fur et à mesure de son déroulement, avec des actions de certains personnages (celui d'Olivia pour être précis) qui semblent tomber comme un cheveu dans la soupe vers la fin et qu'on a du mal à expliquer. Pourtant, ça démarrait plutôt bien : une nurse française (Alice Arno) accepte en travail dans une famille vivant en Grèce et va devoir s'occuper d'une jeune fille infirme. Sur place, elle découvre que les résidents ont tous une grande frustration sexuelle et quelques problèmes psychologiques. Le maître des lieux (Paul Muller) est soupçonné d'avoir tué sa femme à cause d'une sombre histoire d'adultère et ne se remet pas de la perte de cette dernière, continuant à lui parler et à la voir, allongée nue dans le lit conjugal, raide morte. Un policier et une photographe sont d'ailleurs chargés de suivre ses moindres mouvements, l'observant jour et nuit à la jumelle pour tenter de faire la lumière sur cette curieuse affaire. Sa fille Linda est donc infirme, muette et est aidée par le domestique Abdul, lui aussi quasi muet. La cousine de Linda, Olivia, vit avec eux et s'ennuie ferme dans cette grande demeure, passant son temps à se livrer aux plaisirs de l'onanisme tout en ayant des nuits agitées, on apprendra plus tard le pourquoi du comment. Elle profite également de l'infirmité de sa sœur pour avoir du bon temps avec elle et à ce titre, une des scènes de la version X se montre particulièrement sordide, Olivia pénétrant à l'aide d'une banane sa cousine. Une séquence qui fait du personnage de Lina Romay un être encore plus abjecte et folle à lier qu'elle ne l'est dans la version soft.. Avec cette galerie de personnages pas très clairs ni sains d'esprit, Jess Franco parvient à créer un climat assez malsain mais qui, malheureusement, tombe rapidement à l'eau, la faute à une écriture pas assez travaillée du scénario. Le personnage d'Alice Arno se voit par exemple vite reléguée au second plan quand il ne disparaît pas durant de longues minutes à un moment donné. Les films propose de nombreuses scènes de rêves érotiques mais cette version soft est étonnement très (trop) soft et ne provoque au final pas grand chose sur le public. Reste la scène où Lina Romay mange une banane devant Abdul, imitant une fellation sur le délicieux fruit. C'est peu. Même les téléfilms de M6 se montrent plus érotiques que Les Nuits Brûlantes de Linda, c'est dire ! Le manque de consistance de l'histoire, le manque de lien entre les séquences ne jouent pas non plus en sa faveur, on a souvent l'impression que Franco a oublié de suivre une trame et qu'il met bout à bout diverses séquences en espérant que l'ensemble concorde un tant soit peu. Dommage de ne pas avoir approfondi le trauma d'enfance d'Olivia et de ne pas avoir mieux préparé son pétage de plomb meurtrier à la fin du film car là, on ne comprend pas trop pourquoi elle en arrive à cet excès. Bref, petite déception à l'arrivée, ça manque clairement de sensualité et l'aspect foutraque de l'histoire ne tire pas le film vers le haut, alors que ça aurait pu donner quelque chose de bien plus intéressant et malsain. A voir pour Lina Romay avant tout, qui a toujours son charisme naturel qui fait son petit effet.

* Disponible en combo DVD + BR chez -> ARTUS FILMS <-
Très beau digipack sous fourreau, avec le film proposé en VF mais incluant des passages en VOSTF. Niveau bonus, on trouve :
- Présentation par Daniel Lesoeur
- Présentation par Stéphane du Mesnildot
- Scènes additionnelles issues de la version X
- Diaporama d’affiches et photos
- Film-annonce original





ACTION OU VÉRITÉ ?

 

ACTION OU VÉRITÉ ?
(Truth or Dare ?)

Réalisateur : Jeff Wadlow
Année : 2018
Scénariste : Michael Reisz, Jillian Jacobs, Christopher Roach
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Lucy Hale, Tyler Posey, Violett Beane, Sophia Ali, Hayden Szeto...


L'HISTOIRE : Olivia accepte d'aller fêter leur dernier Spring Break avec ses amis au Mexique. Sur place, elle rencontre Carter, un jeune homme qui lui propose, ainsi qu'à ses amis, d'aller terminer la fête dans une vieille église abandonnée. Là, Carter propose de jouer à Action ou Vérité. Quand arrive son tour, il choisit "vérité" et explique au groupe qu'il devait les faire jouer à ce jeu pour stopper la malédiction qui le frappe. Dorénavant, Olivia et ses amis sont les victimes de ce jeu démoniaque et si les règles ne sont pas respectés, la mort frappera le joueur qui n'a pas suivi ces règles. Les questions "vérités" vont faire surgir des secrets inavouables au sein du groupe et ébranler des amitiés, quand les "actions" vont avoir de terribles répercussions. Pour Olivia et ses amis, une seule question compte désormais : comment stopper le jeu ?

MON AVIS : Et encore un film calibré par la société Blumhouse Productions. Personnellement, c'est la présence de la ravissante petite brune Lucy Hale, vedette de la série-télévisée Pretty Little Liars, qui m'a donné envie de le visionner. Mais aussi son concept, à savoir le détournement du célèbre jeu Action ou vérité (qui n'y a jamais joué ?) en mode thriller horrifique. Sans surprise, le film coche toutes les cases du film d'horreur à destination des ados principalement : un casting de jeunes et beaux acteurs / belles actrices, des jump-scares pour les faire bondir dans leur fauteuil, un peu de morts violentes et de sang, un rythme assez dynamique et pas mal de rebondissements à se mettre sous la dent, le tout saupoudré de thématiques universelles, comme l'amitié et l'honnêteté. Des thèmes qui vont être mis à rude épreuve au sein du film, les questions "vérités" faisant ressortir des secrets que les personnages principaux auraient préféré ne pas dévoiler. Bien sûr, le scénario peut paraître assez absurde de prime abord (comment un simple jeu comme Action ou vérité peut-il être la proie d'un démon ?) mais la réalisation et les idées proposées font passer la pilule de manière assez efficace en fait. Le film fait penser à un épisode de Destination Finale puisque chacun son tour, les héros et héroïnes vont tenter de sauver leur peau en choisissant l'une des deux propositions, afin de survivre le plus longtemps possible, et tant pis pour les dommages collatéraux ! La pauvre Markie (Violett Beane), qui est la meilleure amie d'Olivia, va en faire les frais à plusieurs reprises, avec des révélations qui vont mettre son moral plus bas que terre. Si Action ou Vérité ? se suit sans déplaisir, il ne subjugue pas pour autant et nous laisse sur une impression mitigée, celui d'avoir passé un moment correct devant notre écran, mais qu'on oubliera assez vite au final. Le film n'est jamais terrifiant, et même ces curieux sourires se formant sur la bouche de personnes possédées ne provoquent pas grand chose niveau stress, même s'ils mettent parfois mal à l'aise. Le réalisateur Jeff Wadlow, qui avait réalisé Wolf Cry en 2005 et Kick-Ass 2 en 2013, a retrouvé la charmante Lucy Hale dans Nightmare Island en 2020. A réserver à votre progéniture en mal de sensations fortes...

 

BLOODTHIRSTY

 

BLOODTHIRSTY
(Bloodthirsty)

Réalisateur : Amelia Moses
Année : 2020
Scénariste : Wendy Hill-Tout, Lowell
Pays : Canada
Genre : Fantastique
Interdiction : -12 ans
Avec : Lauren Beatty, Greg Bryk, Katharine King So, Michael Ironside, Judith Buchan...


L'HISTOIRE : Grey, une jeune artiste pop indépendante qui a rencontré beaucoup de succès avec son premier album, reçoit une invitation du célèbre producteur Vaughn Daniels, qui lui propose de venir dans son studio d'enregistrement pour préparer son second album. Grey accepte et s'y rend avec sa petite amie Charlie. La jeune chanteuse prend un traitement contre des hallucinations la montrant chasser et manger de la viande, tel un loup, alors qu'elle est vegan depuis son enfance. Le travail exigeant avec Vaughn font empirer les choses et Grey se découvre une nouvelle personnalité à son contact. Et si les hallucinations dont elle est victime contenait une part de vérité ?

MON AVIS : A l'image de Grave, qui détournait les codes du film de cannibales, Bloodthirsty de la réalisatrice canadienne Amelia Moses détourne les codes du film de loup-garou pour faire de la lycanthropie une métaphore des transformations qui peuvent s'opérer sur une jeune chanteuse rencontrant subitement le succès sans y être véritablement préparé. Le film est d'ailleurs co-scénarisé par la chanteuse Lowell, qui a également composé les chansons qu'on entendra dans le film. Ne vous attendez donc pas à assister à un florilège de transformations ou d'attaques de gros monstres poilus aux dents acérés. Bloodthirsty n'est ni Hurlements, ni Dog Soldiers. Le film se veut dans l'air du temps, avec une héroïne lesbienne et vegan. On pourra trouver ça un peu cliché mais ce n'est pas très dérangeant au final. Plus embêtant, le manque de péripéties et le rythme assez lent qui se dégage du film feront que la grande majorité du public sombrera dans un ennui lancinant et ne trouvera pas vraiment très intéressant le destin de Grey (Lauren Beatty, plutôt convaincante) et ses problèmes de lycanthropie naissants. La parabole sur les dangers de la rançon du succès est assez claire, que ce soit au niveau psychologique que physique, mais son traitement à l'écran ne révolutionne pas grand chose. Le producteur, qui a un passé obscur, avec la mort d'une autre artiste féminine, mort dont il n'a pas été tenu pour responsable, se veut être l'image du "loup" voulant dévorer le nouveau talent qu'il doit façonner comme bon lui semble, quitte à changer son image et l'image qu'elle renvoie au public. "Veux-tu être un prédateur ou une proie" lui demandera-t-il d'ailleurs. Niveau effets-spéciaux, on aura droit à une légère séquence de transformation réalisée à l'ancienne, avec ongles et poils qui poussent, dents qui surgissent et ce sera à peu près tout. Ici, le loup-garou garde encore une apparence semi-humaine. Une révélation en fin de film apportera un éclaircissement sur la nature même de Grey. Parmi les bons points du film, je citerai les trois chansons composées par Lowell et qui sont assez hypnotiques, dont Bloodthirsty qui donne son titre au film d'Amelia Moses. On aura aussi plaisir à revoir Michael Ironside dans un petit rôle de psychologue. Reste que la lenteur du déroulement de l'histoire, les nombreuses séquences dans le studio d'enregistrement, le manque d'action, l'absence de suspense et une approche psychologique assez légère en fin de compte ne tirent pas Bloodthirsty vers le haut et il ne laissera que peu d'empreinte dans votre esprit. 

         

PHENOMENA

 

PHENOMENA
(Phenomena)

Réalisateur : Dario Argento
Année : 1985
Scénariste :Dario Argento, Franco Ferrini
Pays : Italie, Suisse
Genre : Fantastique, Horreur, Giallo
Interdiction : -12 ans
Avec : Jennifer Connelly, Donald Pleasence, Daria Nicolodi, Fiore Argento...


L'HISTOIRE : Fille d'un célèbre acteur, la jeune Jennifer débarque dans une petite province suisse afin d'intégrer une prestigieuse école d'arts. La région est frappée par de nombreuses disparitions de jeunes filles depuis quelques mois, sans qu'aucun corps ne soient jamais retrouvés. L'inspecteur Geiger tente de mener à bien ses investigations avec l'aide d'un entomologiste réputé, le professeur John McGregor. Victime de crise de somnambulisme, Jennifer assiste à un nouveau meurtre durant son sommeil-éveillé et découvre qu'elle possède un curieux don : celui de communiquer avec les insectes. Grâce à une luciole, elle retrouve le gant de l'assassin, parsemé de petites larves. Grâce aux connaissances de McGregor, l'enquête avance mais dans le même temps met la vie de Jennifer en danger...

MON AVIS : Les fans de Dario Argento ont toujours une eu une affection particulière envers Phenomena, certains le considérant même comme le dernier bon film du réalisateur transalpin. Pourtant, Phenomena, réalisé en 1985, n'est pas dénué de défauts, notamment quelques baisses de rythme assez frappantes et un scénario somme toute des plus farfelus. Mais il est vrai que tous les éléments disparates qui le composent parviennent à créer une atmosphère diffuse qui fonctionne la plupart du temps et lui donne un réel capital sympathie. Parmi ces divers éléments, on trouve bien sûr la prestation de la douce Jennifer Connelly, adorable fillette de 15 ans à l'époque, dont on est tous tombés amoureux. La jeune actrice se révèle convaincante, avec un rôle pas si facile que ça puisqu'elle doit nous faire croire qu'elle communique avec les insectes et que ceux-ci sont réceptifs à son don. Si on pouvait penser que certaines séquences tourneraient vers le ridicule, il n'en est rien. Même la scène dans laquelle c'est une mouche nécrophage qui la conduit vers le lieu d'habitation du meurtrier ne provoque pas de sourire gêné. Quand à la séquence où, après avoir été moquée par ses camarades de classe, elle provoque l'arrivée de millions d'insectes sur la façade de l’établissement scolaire, elle reste impressionnante et efficace. Outre la présence de Jennifer Connelly, Phenomena marque également des points en s'attribuant la participation du regretté Donald Pleasence en entomologiste handicapé et aidé par un chimpanzé du nom de Inge. Un primate qu'on peut inclure sur la liste des potentiels coupables, puisqu'il semble avoir une attirance pour les objets coupants et qu'on connaît tous la nouvelle Double meurtre dans la rue Morgue d'Edgar Allan Poe ! La bande sonore du film fait aussi partie des points positifs puisque cette dernière mélange un excellent travail du groupe Goblin à des tubes métal exécutés par Iron Maiden ou Motorhead qui dynamisent les images qu'elles accompagnent. La chanson Flash of the Blade d'Iron Maiden en est le parfait exemple. La mise en scène d'Argento, très travaillée mais néanmoins moins sophistiquée qu'à l'accoutumée, plus naturelle aurais-je envie de dire, nous délivre de très bonnes séquences de suspense et de meurtres, on pense principalement à la scène introductive dans laquelle il s'amuse à tuer sa propre fille, Fiore Argento. Les plus fervents admirateurs du maestro italien reconnaîtront dans l'usage d'une vitre brisée un clin d'oeil à Ténèbres bien sûr. D'ailleurs, si on y regarde bien, Phenomena pourrait être une sorte de condensé-hommage à tous les films qu'il a réalisé par le passé. On retrouve la jeune fille qui débarque dans une école d'arts et est témoin de meurtre, comme dans Suspiria ; les insectes et le chimpanzé rappellent la trilogie animale de ses débuts ; les meurtres à l'arme blanche, les mains gantés, les miroirs dissimulés nous renvoient à ses gialli et au Frissons de l'angoisse ; la scène où Jennifer se trouve sur un lac et doit plonger et nager sous l'eau ravive notre souvenir de la sublime séquence aquatique d'Inferno et j'en passe. Le dernier quart d'heure dans la maison de l'assassin est véritablement très anxiogène, réellement macabre et s'avère l'un des meilleurs passages du film. Argento nous réserve encore une petite scène choc dont il a le secret quelques minutes avant le générique de fin, qui ne manquera pas de vous surprendre tant elle est inattendue. Tous ces éléments nous font donc relativiser les menus défauts de Phenomena, comme son rythme parfois aux abonnés absents et ses longueurs, bien présentes. Mais il reste bel et bien un film éminemment sympathique, que les superbes paysages suisses viennent magnifier. Un cocktail de giallo, de fantastique et d'horreur qu'on prend toujours plaisir à revoir en fin de compte...


   

THE AMUSEMENT PARK

 

THE AMUSEMENT PARK
(The Amusement Park)

Réalisateur : George A. Romero
Année : 1975
Scénariste :Walton Cook
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : /
Avec : Lincoln Maazel, Harry Albacker, Phyllis Casterwiler, Marion Cook...


L'HISTOIRE : Alors qu'il pense passer une journée paisible et ordinaire, un vieil homme se rend dans un parc d'attractions pour y vivre un véritable cauchemar...

MON AVIS : C'est lors d'une rétrospective consacrée à George A. Romero en 2017, à Turin, que ce titre totalement inconnu de la filmographie de l'auteur de La Nuit des Morts Vivants est apparu comme par magie. L'organisatrice du festival de Turin est une bonne amie du couple Romero et possédait une copie de cette oeuvre effacée de la mémoire de George A. Romero lui-même, ce dernier la considérant comme inintéressante et sans valeur aucune. Cinq semaines avant le décès du réalisateur, sa femme découvre donc The Amusement Park en compagnie de son mari. Un moyen-métrage de 54 minutes, qui n'est qu'une simple oeuvre de commande de la part de la Société luthérienne, une organisation religieuse qui souhaitait obtenir un film éducatif sur le traitement et les difficultés que peuvent rencontrer les personnes âgées. Ayant besoin d'argent, Romero accepte le projet, livre un film métaphorique se déroulant dans une fête foraine et met l'accent sur ce que subissent les "vieux" dans notre société. A l'arrivée, la Société luthérienne est troublée par les images du film et refuse sa diffusion, ce qui fait qu'il tombe dans les oubliettes avant même d'avoir été montré à un public. Il faudra donc attendre sa restauration en 2020 pour que les fans du réalisateur puisse découvrir ce curieux objet qu'est The Amusement Park. Une oeuvre atypique mais dans laquelle on retrouve bel et bien l'esprit de George A. Romero. Satirique, possédant un discours social fort et des images perturbantes, The Amusement Park intrigue et remplit les objectifs demandés par la Société luthérienne, à savoir montrer le peu d'intérêt que la société porte à nos aînés. Le film débute par un discours social sur les personnes âgées puis suit un vieux monsieur qui décide de visiter le monde extérieur. Il se retrouve au milieu d'une fête foraine et, de manière métaphorique, va subir toutes les contraintes liées à la vieillesse : irrespect des jeunes, mise à l'écart de la société, démarche administratives laborieuses, difficultés à vivre de sa retraite, difficulté à se nourrir ou à vivre décemment, interdiction de conduire à cause d'une vue qui baisse (séquence amusante car elle utilise l'attraction des auto-tamponneuses), difficulté à avoir un logement décent, difficulté à ne pas se faire escroquer par des petits malins qui voient dans les personnes âgées des cibles faciles à dépouiller et j'en passe. Les touristes qui viennent dans le parc ne font même pas attention à ce vieux monsieur qui se fait molester, ils déambulent comme s'il n'existait même pas, personne ne se soucie de lui. Un constat implacable, malheureusement réaliste, servi  par des scènes qui amusent tout en faisant réfléchir. Car le discours social qui clôture The Amusement Park est d'un sombre nihiliste pour tout être vivant : un jour ou l'autre, c'est nous qui incarnerons le vieux monsieur dans le parc ! Et cette fatalité n'est pas des plus réjouissantes. Car elle est inéluctable. A découvrir.

  

CREED 2

 

CREED 2
(Creed 2)

Réalisateur : Steven Caple Jr.
Année : 2018
Scénariste :Juel Taylor, Sylvester Stallone
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, Drame
Interdiction : /
Avec : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Dolph Lundgren...


L'HISTOIRE : La vie est devenue un numéro d'équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l'enjeu du combat est d'autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu'il n'y a rien de plus important que les valeurs familiales...

MON AVIS : Après le très bon Creed réalisé en 2015, aussi intense qu'émouvant, voici que débarque un Creed 2 trois ans plus tard. La recette allait-elle fonctionner à nouveau ? Eh bien oui, malgré un scénario qui reprend les grandes lignes de Rocky 4, dont Creed 2 est une quasi-copie mais qui se place du point du vu du fils d'Appolo Creed. Quasi-copie car nous retrouvons dans le rôle des méchants adversaires une figure bien connue des fans de la saga : Dolph Lundgren est de retour ! Oui, oui, Ivan Drago lui-même est présent mais il n'est pas seul : son fils, le colosse Viktor Drago (impressionnant Florian Munteanu) est de la partie et il compte bien redonner à son père et à la Russie l'honneur perdu quelques trente ans auparavant, quand Rocky Balboa a triomphé de son père sur le ring ! Pour se faire, un seul choix : battre Adonis Creed ! Le scénario suit donc, sans s'en cacher, les grandes lignes de Rocky 4, avec le défi lancé par Viktor à Adonis, un premier combat sans l'aval de Rocky qui se solde par un échec d'Adonis Creed, qui est sérieusement blessé, puis le retour de Rocky en tant qu'entraîneur pour la revanche, le départ pour la Russie et le combat final ! Avec, entre-temps, des complications familiales pour Adonis Creed, comme l'arrivée d'un bébé au sein de son couple et les devoirs qui vont avec. Le scénario, co-écrit par Stallone, ne fait donc pas preuve d'une grande originalité mais il permet d'établir un fan-service qui fonctionne et ravive de jolis souvenirs aux spectateurs ! Car outre Dolph Lundgren, on retrouve même Brigitte Nielsen au générique, et franchement, ça fait plaisir. Alors oui, le scénario ne fait pas vraiment preuve d'une folle originalité et défile sans réel surprise, on s'attend quasiment à tout ce qui va arriver. Reste que la prestation de Michael B. Jordan est toujours aussi bonne, que revoir Rocky / Stallone est un plaisir de tous les instants, que le film joue avec les émotions de manière convaincante et que les quelques séquences de boxe sont efficaces, avec des coups qui font mal et qui assurent le spectacle. Comme Rocky 4, Creed 2 est un peu trop manichéen, certes, mais il fait le job convenablement et ne déçoit pas. Encore un bon épisode de cette excellente franchise, et qui devrait se poursuivre puisqu'un Creed 3 est actuellement en cours de tournage.

     

NINJA 3 - LA DOMINATION


NINJA 3 - LA DOMINATION
(Ninja 3 - The Domination)

Réalisateur : Sam Firstenberg
Année : 1984
Scénariste : James R. Silke
Pays : Etats-Unis
Genre : Action, arts-martiaux
Interdiction : /
Avec : Shô Kosugi, Lucinda Dickey, Jordan Bennett, David Chung, James Hong...


L'HISTOIRE : Un ninja se fait mortellement blesser par la police après avoir commis un vrai massacre. Avant de mourir, il croise la route de Christie, une jeune employée d'une compagnie de téléphone et lui remet un katana maléfique qui contient un esprit démoniaque. Celui-ci s'empare du corps de la jeune femme et, une fois possédée, va la pousser à tuer les policiers responsables de la mort de son hôte précédent. Heureusement, Yamada, un ninja qui traque le ninja maléfique depuis le Japon, va tout faire pour l'aider et détruire l'esprit démoniaque...

MON AVIS : Ah Ninja 3 ! Rien que d'écrire le titre me fait jubiler devant mon écran d'ordinateur ! Un titre culte auprès des aficionados de nanar et de film de ninja ! Suite au succès d'Ultime Violence réalisé en 1983, les producteurs de la Cannon ont décidé de ne pas changer une équipe qui gagne et font donc à nouveau appel au réalisateur Sam Firstenberg et au scénariste James R. Silke pour mettre en oeuvre un nouveau film de ninja dès l'année suivante : ce sera donc Ninja 3 - La Domination ! J'aimerais beaucoup savoir ce qu'on pu demander les producteurs au scénariste pour qu'on aboutisse au final avec un tel patchwork de genres et d'influences ! Parce que dans Ninja  3, on trouve tellement de tout que ça en devient même assez hallucinant : on a une héroïne (la jolie Lucinda Dickey) qui donne des cours de fitness, fringuée comme le duo phare français Véronique et Davina ; on a un katana qui bouge tout seul et qui contient un esprit maléfique ; on a une borne d'arcade qui transmet cet esprit maléfique à l'héroïne (me demandez pas pourquoi la borne d'arcade, si ce n'est que c'est très 80's ou alors, c'est pour surfer sur le film Wargames) ; on a donc une héroïne possédée, qui se met parfois à parler avec une voix lugubre et qui fait des tours sur elle-même, comme dans L'Exorciste ; on a une séquence où tous les objets de l'appartement de l'héroïne se mettent à bouger tout seul et à vouloir partir vers une porte ouverte, comme dans Poltergeist ; on a des tubes 80's en guise de bande sonore, qui auraient très bien pu être dans Flashdance, le succès de 1983. Quoi d'autre ? Bah on a des combats de ninja évidemment, dont une géniale introduction qui envoie du lourd à ce niveau. Et puis il y a Shô Kosugi, dans un rôle nettement plus effacé que dans Ultime Violence, la faute à une prise de bec avec les producteurs de la Cannon mais comme il avait déjà signé un contrat pour trois films, il a bien fallu qu'il s'y colle et qu'il joue dans Ninja 3 ! D'où cette impression que ça l'emmerde plus qu'autre chose (ce qui expliquerai le très faible nombre de dialogues qu'il a à prononcer) sauf lors du combat final où il fait de réels efforts et assure comme il faut. Mais clairement, le personnage central, c'est bien notre héroïne qui va donc devenir une ninjette sans le vouloir, ne pouvant se soustraire au pouvoir et à la possession du démon ninja ! Une femme ninja, moi je trouve ça plutôt cool mais apparemment, c'est un manque de respect envers les ninjas, qui ne peuvent être que des hommes. Dommage. Reste que Lucinda Dickey fait ce qu'elle peut et qu'elle se donne à fond, que ce soit quand elle danse dans son appart, quand elle fait de la gym, quand elle doit gérer un flic tombé amoureux d'elle ou doit se bagarrer avec une bande de mâles qui se croient tout permis. Quand elle nous la joue possédée, elle fait les gros yeux ou se balade avec plein de maquillage sur le visage destiné à l'enlaidir un peu, histoire qu'on comprenne bien qu'elle est pas dans son état normal ! Et tout ça avec un sérieux et un flegme assumé, même si, à l'écran, ça prête largement à sourire. Mais qu'importe. Ce melting-pot foutraque, c'est ce qui fait tout le charme de Ninja 3, qui ne s’embarrasse pas des conventions et balance à l'écran tout ce qui lui passe par la tête, sans retenue aucune. Certains considèrent ce mélange comme du grand n'importe quoi, comme une hérésie qui a enterré le genre du ninja movie. D'autres, dont je fais partie, considèrent Ninja 3 comme un pur moment jubilatoire WTF, comme un moment de détente improbable mais qui fait du bien par où il passe. Vous avez eu une journée morose ? Un p'tit coup de Ninja 3 et ça repart comme en 40 !