Légende pour la notation des films

Bienvenue dans mon univers filmique ! Ma mission ? (Re)voir tous mes films, séries Tv, documentaires et concert, tous genres confondus, sur tous supports, Vhs, Dvd, Dvd-r, Blu-ray (avec aussi les diffusions télévisées ou cinéma), et vous donner mon avis de façon simple et pas prise de tête sur chaque titre (re)vu ! C'est parti !

Légende pour la notation des films / 6

* * * * * * Nul / * * * * * * Mauvais / * * * * * * Passable / * * * * * * Moyen / * * * * * * Bien / * * * * * * Excellent / * * * * * * Chef-d'oeuvre
* * * * * * : The Only One. Le Seul, l'Unique, le film fétiche de l'auteur de ce blog...

AVERTISSEMENT : Certaines bandes-annonces ou extraits de films peuvent heurter la sensibilité du jeune public.


samedi 31 mai 2014

THE TOXIC AVENGER

THE TOXIC AVENGER
(The Toxic Avenger)

Réalisateur : Michael Herz, Lloyd Kaufman
Année : 1984
Scénariste : Joe Ritter
Pays : Etats-Unis
Genre : Gore, Comédie
Interdiction : -12 ans
Avec : Andree Maranda, Mitch Cohen, Jennifer Babtist, Cindy Manion, Gary Schneider...


L'HISTOIRE : La ville de Tromaville, dirigée par un maire totalement corrompu, est devenue la capitale du stockage de déchets radioactifs. Dans le club de remise en forme de la ville, le gringalet Melvin est le souffre-douleur des adhérents, en particulier d'un quatuor infernal spécialisé dans les accidents de voiture intentionnels. Ces derniers font une méchante blague à Melvin qui conduit le pauvre garçon à se jeter par la fenêtre. Après en avoir réchappé en atterrissant tête la première dans un baril de produits radioactifs, une saisissante transformation va avoir lieu et le chétif Melvin va devenir un véritable colosse au faciès monstrueux, qui va s'octroyer la mission de nettoyer les rues de Tromaville de ses loubards. Le Vengeur Toxique va bientôt s'attirer la sympathie des habitants qui voient en lui un héros, ce qui n'est pas du goût du maire...

MON AVIS : Le premier film gore 100% comique clame l'affiche française de ce petit film indépendant à faible budget, qui a su s'imposer par son inventivité et ses excès, devenant rapidement un véritable film culte de par le monde et faisant de son héros monstrueux une véritable icône, revenant dans plusieurs suites, ayant son propre dessin-animé et son propre merchandising ! Ce qui n'est que justice, tant le spectacle proposé par Michael Herz et le célèbre Lloyd Kaufman (fondateur de Troma Films) s'avère des plus jouissifs ! Si les exploits du vengeur toxique ne sont évidemment pas à mettre devant tous les yeux, les amateurs d'humour déjanté et de tripailles seront quant à eux largement comblés par la folie et les débordements gores proposés, avec en prime, une petite touche d'érotisme (avec la volcanique Jennifer Babtist) mais aussi de... romantisme ! Au programme des réjouissances, on trouvera pèle-mêle : des personnages complètement timbrés (dont le fameux Bozo, véritable psychopathe en puissance), des jolies filles qui s'excitent sur des photos de meurtres, un maire pourri jusqu'à l'os, une belle aveugle qui cumule les gaffes et tombera amoureuse de notre héros toxique, des séquences à se pisser dessus (le punching-ball humain, impayable ; la séquence dans laquelle Toxie se venge de Bozo dans sa voiture...) et surtout, une multitude de scènes gores, toujours placées sous le signe de l'humour, et bénéficiant d'effets spéciaux et de maquillages franchement très réussies. Il faut dire que le vengeur toxique n'y va pas par quatre chemins pour nettoyer la ville de ses voyous : doigts crevant les yeux, fracassage de boite crânienne, "gâteau-humain" passé au mixeur, mains plongées dans de l'huile bouillante, bras arraché servant de matraque, naine placée dans une machine à laver, coup de poing dans le ventre ressortant avec les tripes et surtout, le fabuleux "head-crushing" dans la salle de sport, qui restera dans toutes les mémoires des goreux en puissance ! Cerise sur le gâteau, notre super-héros n'oublie jamais de terminer son travail et passe un coup de serpillière sur les lieux, réflexe de son ancien job ! The Toxic Avenger aligne donc sans sourciller un maelström de séquences trash hautement jubilatoires, ne s'impose aucune limite, ne verse jamais dans le politiquement correct et va au bout de son concept avec une générosité et une énergie hallucinante. Outre le "head-crushing" évoqué plus haut, la séquence culte reste pour moi l'effarante virée nocturne du gang à Bozo, qui, pour calmer ses nerfs, s'amuse à chercher une victime isolée sur la route pour lui rouler dessus, ce qui ne manquera pas de lui rapporter des points selon des règles bien établies. Le pauvre petit garçon à vélo qui va croiser leur route ne sait pas ce qui l'attend. Il est incroyable que devant une telle situation d'horreur, qui met en scène un enfant en plus, le tandem Herz / Kaufman ait réussi à faire qu'on prenne du plaisir à la regarder, et même à la rendre comique, aidé en celà par l'acteur qui interprète Bozo, Gary Schneider. Ce dernier apporte à ce personnage une folie et des expressions de visage savoureuses, qui déclenchent chez le spectateur un sourire qui monte jusqu'aux oreilles ! Cette scène est tellement énorme que le jeu hystérique des acteurs la fait devenir quasiment surréaliste et qu'on en oublie son caractère plus que choquant. Bref, amateurs de série B loufoque et gore, ruez-vous sur The Toxic Avenger, un film de super-héros (en tutu !) pas comme les autres et assurément le meilleur film jamais produit par la Troma ! Un vrai classique !

NOTE : 5/6



vendredi 30 mai 2014

ELLE S'APPELAIT SCORPION

LA FEMME SCORPION 2 : ELLE S'APPELAIT SCORPION
(Joshuu sasori: Dai-41 zakkyo-bô / Female Convict Scorpion Jailhouse 41)

Réalisateur : Shunya Ito
Année : 1972
Scénariste : Shunya Ito, Hirô Matsuda, Fumio Konami
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Fumio Watanabe, Kayoko Shiraishi, Mitsuo Andô...


L'HISTOIRE : Après avoir mis en oeuvre sa vengeance, Nami Matsushima croupie depuis un an dans une cellule spéciale de la cruelle prison pour femmes dirigée d'une main de fer par le directeur borgne. Ce dernier garde à l'écart cette fameuse détenue 701 surnommée "Scorpion" afin qu'elle ne serve plus de symbole de rébellion vis à vis des autres prisonnières. Lors d'une inspection de la prison par un haut gradé, Nami cherche à nouveau à tuer le directeur, acte faisant la joie d'autres détenues. Nami et six autres femmes vont alors être transférer afin d'être sévérement punies. Mais lors du trajet, le petit groupe parvient à s'enfuir. Le directeur et ses hommes se lancent alors dans une véritable chasse à l'homme et va tenter par tous les moyens de rattraper Scorpion et ses amies...

MON AVIS : Suite directe des mésaventures de la jolie Meiko Kaji, qui interprète à nouveau Scorpion, personnage emblématique du féminisme japonais. Si le début du film se déroule toujours dans la fameuse prison, nous faisant retrouver le directeur éborgné dans le film précédent (La Femme Scorpion - 1972), le réalisateur Shunya Ito décide de ne pas se répéter et de faire un brusque revirement en situant l'action principale de Elle s'appelait Scorpion hors des murs de la prison. Un peu à la manière de la série Prison Break, qui, lors de la saison 2, utilisait exactement le même stratagème pour maintenir éveillé l'intérêt du spectateur. D'un Women in Prison, le film bifurque alors vers le road movie et le survival. La longue traque qui va opposer le groupe d'évadées aux policiers va permettre au réalisateur de nous offrir des séquences tantôt dramatiques, tantôt totalement fantasmagoriques, nimbées de couleurs criardes ou laissant libre cours à une imagination débridée qui fait sensation. La rencontre des prisonnières avec une vieille femme semblant être une sorte de sorcière aboutira à une séquence chantée par exemple, qui dénote de l'ensemble mais s'avère réellement intriguante. La mort de cette dernière donne lieu à une scène empruntant au domaine du fantastique et qui est de toute beauté, avec ces feuilles recouvrant petit à petit le corps de la morte. Comme dans La Femme ScorpionShunya Ito expérimente, s'amuse avec la caméra, les couleurs, les plans tordus et matérialise ses envies, sans oublier la violence et le machisme qui caractérise le monde dans lequel évolue son héroïne. Une prisonnière fera une tragique rencontre avec un groupe de touristes qui n'hésiteront pas à la violer jusqu'à ce que mort s'ensuive, jettant le corps dans les eaux d'un torrent pour se débarasser du corps. Ce geste provoque alors un changement de couleurs de l'eau, qui devient rouge sang ! Un effet absolument superbe, qui hisse d'un cran l'aspect pictural du film. Comme dans le long métrage précédent, la gent masculine est décrite sans aucun amour, aucune passion et les hommes apparaissent comme étant tous vils et pervers. Les femmes ne sont pas en reste puisque la meneuse du groupe ira jusqu'à trahir Scorpion, la livrant aux autorités. La critique du pouvoir et les exactions que commettent ceux qui s'en croient investit est encore de mise dans Elle s'appelait Scorpion. On notera que Nami ne prononce quasiment aucune parole dans ce second film, si ce n'est une ou deux phrases en tout et pour tout. Mais malgré ce rôle quasi muet, Meiko Kaji tire encore son épingle du jeu et offre son talent aux spectateurs, ravis de la retrouver au milieu de tous ces excès. En déplaçant l'action hors de la prison, Elle s'appelait Scorpion se montre beaucoup moins porté sur l'érotisme que son prédecesseur mais augmente son côté psychédélique et fantaisiste. Les amateurs de western apprécieront également que certaines séquences finales se rapprochent de ce noble genre, avec gros plan sur les yeux, tenue de bagnard qui ressemble à un poncho, alternance d'images de deux personnages, comme dans un vrai duel. Shunya Ito a donc réussi à se renouveler sans sombrer dans la redite pur et simple et son film est une invitation au dépaysement, qui sombre parfois dans le grotesque (le personnage d'Oba) et la caricature mais tout celà est voulu et participe à faire de ce film d'exploitation une suite originale bénéficiant d'une recherche plastique raffinée et envoutante. Reste que pour ma part, j'ai quand même nettement préféré le premier opus et son ambiance plus sombre et sadique. 

NOTE : 4/6


jeudi 29 mai 2014

LA FEMME SCORPION

LA FEMME SCORPION
(Joshuu 701-gô: Sasori / Female Prisoner #701: Scorpion)

Réalisateur : Shunya Ito
Année : 1972
Scénariste : Fumio Kônami, Hirô Matsuda 
Pays : Japon
Genre : Drame, W.I.P.
Interdiction : -16 ans
Avec : Meiko Kaji, Rie Yokoyama, Yayoi Watanabe, Yôko Mihara...


L'HISTOIRE : Nami Matsushima tombe follement amoureuse de Sugimi, un inspecteur de police, et lui offre sa virginité. Ce dernier lui demande de jouer à l'indic et d'infiltrer un réseau de drogue. Parvenant à le démanteler, Sugimi met alors un terme à sa relation avec Nami, qui se sent plus que trahie. En voulant se venger de son ex-compagnon, la jeune femme se retrouve internée dans une prison spéciale pour femmes, dans laquelle elle va subir tortures et brimades de la part des gardiens mais aussi des autres prisonnières. Dotée d'une force de caractère infaillible et d'une ténacité exemplaire, Nami, surnommée "la femme scorpion", ne va pas tarder à assouvir sa vengeance envers ceux qui lui ont fait du mal...

MON AVIS : Saga japonaise totalement culte des 70's, avec l'actrice Meiko Kaji qui interprète Nami Matsushima dans les quatre premiers films. La Femme Scorpion est donc le premier volet de ces Women in Prison, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une petite réussite ! Les amateurs de W.I.P. seront aux anges puisque tous les éléments faisant le succès de ce sous-genre du cinéma bis sont présents : scènes de douche, méchants gardiens brutalisant les prisonnières, enfermement, duo saphique, sévices, sadisme et tortures, révolte violemment réprimée et, petite touche japonaise, un peu de bondage pour parfaire l'ensemble. Dans cet univers érotique et ultra violent, l'actrice Meiko Kaji promène sa frèle silhouette et son visage d'ange, faisant preuve d'une volonté de fer pour résister aux nombreuses brimades qu'elle subit et qui auraient brisées bon nombre de personnes. Son personnage n'a pas beaucoup de dialogues, ce qui se justifie par l'enfermement psychique qu'elle a développé pour résister à l'univers carcéral et fomenter son implacable vengeance. De plus, ce côté mutique sert admirablement bien le personnage puisqu'aucun gardien de prison ne parvient à la faire parler, renvoyant leur égos de macho aux oubliettes et venant fortement égratigner le pouvoir et la place de la femme dans la société japonaise. Son évolution, de victime à ange exterminateur, est particulièrement bien rendue, notamment par le jeu du regard, avec lequel elle exprime sa fragilité mais aussi sa haine et sa détermination à mener à bien son projet. Le réalisateur Shunya Ito, qui adapte ici un célèbre manga, a donc réussi à développer un personnage de femme forte, emprisonnée dans un univers typiquement machiste, qui fait la part belle à la perversité et au sadisme. La gent masculine n'a rien pour elle et n'est composée que de protagonistes déviants, mauvais, et qui prennent un malin plaisir à tourmenter violemment les détenues. Autre point fort du film, la mise en scène elle-même. Shunya Ito nous propose un film somptueux et bourré de trouvailles visuelles, qui donnent à La Femme Scorpion un aspect surréaliste et une splendeur artistique insoupçonnés ! La scène du viol de Nami par les mafieux par exemple, avec ce décor pivotant dans le fond, illustre admirablement mon propos. Certains jeux de lumière confèrent également au film un aspect baroque que n'aurait pas renié Dario Argento par exemple, auxquels s'ajoutent quelques fulgurances sanglantes qui viennent éclabousser l'écran, renforçant l'aspect violent de La Femme Scorpion. Le final, dans lequel Nami devient un vrai archange de la mort, toute de noire vêtue, change radicalement l'ambiance du film mais s'avère tout autant intéressant. L'utilisation d'une arme blanche pour accomplir sa vengeance vient donner du poids à son surnom de "femme scorpion" justement, le poignard symbolisant le dard du dangereux animal. Bref, La Femme Scorpion est un pur film d'exploitation qui brille de mille feux et une ode au féminisme engagée qui se savoure avec un intérêt constant. Nul doute qu'on se souviendra encore longtemps de cette prisonnière 701 et qu'on a hâte de découvrir la suite de ses mésaventures...

NOTE : 5/6


mercredi 28 mai 2014

SORTILÈGES

SORTILÈGES
(Bloodbeat)

Réalisateur : Fabrice A. Zaphiratos 
Année : 1985
Scénariste : Fabrice A. Zaphiratos 
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Helen Benton, Terry Brown, Dana Day, Claudia Peyton, James Fitzgibbons, Peter Spelson


L'HISTOIRE : Ted, accompagnée par sa sœur et sa petite amie Sarah, se rend dans la maison de sa mère, perdue au beau milieu des bois, afin de préparer les fêtes de Noël. Cette dernière, artiste peintre ayant des visions de l’au-delà, vit avec Gary, un chasseur. La première rencontre entre Sarah et la mère de son fiancé est plutôt glaciale. Sarah ne se sent d’ailleurs pas très à l’aise dans la maison et elle se met à avoir des visions et des cauchemars. Peu de temps après, un tueur habillé en samouraï se met à massacrer les habitants du coin à coups de katana. Cela a t’il un rapport avec la présence de Sarah ?

MON AVIS : Bien, bien, bien. Par où commencer ? Pas facile vu que j’ai tellement peu de choses à vous dire sur ce film. Il y a longtemps que la jaquette de la VHS me faisait de l’œil mais je n’avais toujours pas eu l’occasion d’insérer la cassette dans mon magnétoscope. J’avais sûrement une sorte de sixième sens qui me disait inconsciemment « perd pas ton temps avec ce film, y’a d’autre chose à voir avant ». Oui mais voilà, ce casque de samouraï a eu raison de moi et j’ai enfin vu Sortilèges. Si j’avais su, j’aurais écouté mon sixième sens. N’y allons pas par quatre chemin, on tient là une daube cinq étoiles, un somnifère en puissance, inintéressant au possible, et le pire dans tout ça, c’est que je ne suis même pas sur d’avoir compris l’histoire ! C’est vrai que j’ai lutté, bataillé pour rester éveillé mais je crois avoir réussi à ne pas fermer l’œil durant ce cauchemar sur bande. Rien que pour ça, je mérite une médaille ! Sortilèges est réalisé par Fabrice Zaphiratos qui signe lui-même le scénario du film et on aimerait bien rentrer en contact avec lui pour qu’il nous l’explique, le scénario. Parce qu’on n’y comprend pas grand chose, il faut bien le reconnaître. On a une mère de famille qui semble posséder des dons extrasensoriels et qui retranscrit ses visions dans sa peinture. Elle peut également entrer dans l’esprit des gens pour voir ce qu’ils pensent. D’où tient-elle ses pouvoirs ? Mystère. On découvrira à la fin du métrage que ses deux enfants possèdent également des dons et peuvent faire surgir de leurs mains une sorte de force immatérielle, représentée à l’écran par un halo de lumière rouge sûrement conçu sur un Amstrad Cpc 464. Sarah, la petite nouvelle, se rend vite compte que la mère de son fiancé n’est pas claire. Elle sent que quelque chose cloche. Elle se sent observée, surveillée, ce qui l’empêche d’ailleurs de faire l’amour avec son copain. Pas cool la belle-maman. En plus, elle commence à avoir des hallucinations et des cauchemars, dans lesquels elle trouve un coffre contenant une armure de samouraï et un katana, coffre qui ne semble pas existé quand elle se réveille. Ouais, ouais, ouais, passionnant tout ça. Chose curieuse, peu de temps après cette vision, un frappadingue habillé avec la même armure et portant le même katana se met à tuer les pauvres habitants du coin qui eux ne demandaient rien à personne. Le samouraï est lui aussi entouré d’un halo, mais de couleur bleu cette fois. Est-ce un spectre ? Est-ce les cauchemars de Sarah qui se matérialisent dans la réalité ? Suspense, suspense ! Toujours est-il que Sarah, qui peut enfin faire l’amour avec son copain durant la nuit, se met à entrer dans une excitation surdéveloppée pendant que le samouraï massacre des gens. Serait-ce un indice ? Aurait-on retrouvé le lien psychique qui unirait ces deux êtres ? Possible. En tout cas, Sarah est totalement dénudée et joliment pourvue par la nature au niveau du bustier, et on tient donc là la meilleure scène du film, rien que ça ! Bon, c’est filmé dans une chambre mal éclairée mais ce n’est pas grave. Niveau meurtres, rien à se mettre sous la dent, ces derniers intervenant principalement de nuit et on n’y voit donc pas grand chose, à part le katana qui s’enfonce dans un ventre et la victime qui se tord de douleur avec un peu de sang à l’endroit de la blessure. Olaf Ittenbach a sûrement puiser son inspiration créative dans ce film, c’est même certain. A part ça, quoi de neuf ? Ca va chez vous ? Hein ? Des nouvelles du samouraï ? Euh, ben oui, il continue ses meurtres dans la plus totale impunité et il y aurait apparemment bien un lien de cause à effet avec Sarah, qui serait là pour se venger de la famille de son petit ami mais tout cela n’est pas bien clair, faudrait presque que je revois le film pour mettre en lumière de nouveaux indices, je verrai ça en 3015 si vous n’êtes pas trop pressés. On aura bien droit à un combat titanesque à la fin du film, je vous rassure, avec des beaux effets de lumières bleues et rouges dessinés à la palette graphique, même dans La guerre des Etoiles, George Lucas n’avait pas une telle technologie. Bon, je suis méchant, je me doute que Fabrice Zaphiratos n’avait pas le budget de Lucas. Il a d’ailleurs sûrement compris toute la difficulté de faire un film puisque Sortilèges sera son unique réalisation. Je pense que vous aurez tous compris que ce film est à éviter sauf si vous aimez vous ennuyer pendant 1h30. Le casting est mauvais, les acteurs ont autant d’expressions qu’un rubik’s cube (quoique, le rubik’s cube gagne haut la main en fait…), le rythme est encore plus mou qu’un épisode de Derrick, les situations sont inintéressantes au possible, le scénario machiavélique vu qu’on y comprend rien et les FX ultra cheap. Reste les seins de Sarah mais bon, c’est peu quand même. Allez, je range la Vhs et je pense ne jamais la ressortir. C’est même une certitude…

NOTE : 0/6



mardi 27 mai 2014

AVERE VENT'ANNI

AVERE VENT'ANNI
(Avere Vent'Anni / To be Twenty)

Réalisateur : Fernando di Leo 
Année : 1978
Scénariste : Fernando di Leo 
Pays : Italie
Interdiction : -12 ans
Genre : Comédie / Drame
Avec : Gloria Guida, Lilli Carati, Ray Lovelock, Vincenzo Crocitti, Vittorio Caprioli...


L'HISTOIRE : Afin de profiter pleinement de ses vingt ans, la jolie Lia décide de se rendre dans la communauté hippie tenue par un certain Nazariota, à Rome. En chemin, elle rencontre Tina, autre jeune fille désirant profiter de la vie un maximum. Les deux nouvelles copines se mettent en quête de la communauté. La découverte de cette dernière va vite transformer leurs rêves en désillusions…

MON AVIS : "Avoir vingt ans. Je ne laisserai jamais personne dire que c’est le plus bel âge de la vie". Cette citation, extraite du livre de Paul Nizan "Aden Arabia", ouvre le film de Fernando di Leo et une fois celui-ci terminé, on se dira qu’elle a été plutôt bien choisie. Ce réalisateur, scénariste et acteur est bien connu des amateurs de polars urbains à l’italienne puisqu’il a réalisé plusieurs perles dans ce genre, comme Milan Calibre 9, Le Boss, Salut les pourris et d’autres encore, films dans lesquels il laisse éclater son style, à la fois nerveux et cruel. Comme la plupart de ses confrères, Fernando di Leo s’illustre également dans différents genres du cinéma Bis, comme le film de guerre (Roses rouges pour le Fuhrer), le film d’épouvante croisé avec le giallo (Les insatisfaites poupées érotiques du Dr Hitchcock), le film érotique (Brucia ragazzo brucia). A chaque fois, sa générosité à traiter le sujet choisi, en allant au bout de ses idées, quitte à choquer les mœurs bien pensantes, fait mouche. Fernando di Leo aime transgresser les règles, les codes et cela transparaît nettement dans son œuvre. En 1978, il place beaucoup d’espoir dans son nouveau film, Avere vent’anni, dont il a écrit également le scénario, et qui débute comme une sexy comédie, autre genre prépondérant dans la production italienne des années 70, pour se clôturer dans un final apocalyptique et surtout totalement imprévu, qui choque à la fois les censeurs, les distributeurs, les exploitants de salle et le public. Ce final provoque un véritable scandale et entraîne un fiasco total pour le film qui est retiré de l’affiche, censuré, remonté dans le dos de Fernando di Leo, pour se voir réapparaître dans les salles dans une nouvelle version, plus courte d’au moins dix minutes, avec plusieurs scènes raccourcies ou coupées, principalement des séquences érotiques, et surtout, sans ce fameux final qui donne tout l’intérêt au film. De l’avis de Fernando di Leo, Avere vent’anni n’est pas un très bon film, le réalisateur considérant qu’il est passé à côté de son sujet. Pourtant, malgré quelques défauts effectivement (jeu d’acteurs approximatif, scène du commissariat un peu longuette et guère intéressante…), sa vision est plutôt agréable et son "twist" final, qui intervient sans jamais qu’on s’y attende, fait sombrer cette sympathique comédie polissonne dans une brutalité et une noirceur assez corsées. Comme dit un peu plus haut, Avere vent’anni est avant tout une comédie sexy retraçant le parcours de deux jeunes filles qui se lancent à corps et à cris dans la vie, pour profiter de tous les instants présents et goûter à toutes les joies qui leur seront offertes. Pour interpréter ces deux filles débrouillardes et peu farouches, Fernando di Leo a la très bonne idée d’engager deux spécialistes des "sexy comédie", à savoir la brune et insolente Lilli Carati et la blonde affriolante Gloria Guida. Nul doute que le physique, souvent dévêtu, de ces deux créatures de rêves saura combler les amateurs de jolies filles ! Des jolies filles qui n’ont pas froid aux yeux, n’hésitant pas à voler dans les magasins ou à faire du charme aux vendeurs quand elles n’ont plus d’argent. On notera néanmoins que Fernando di Leo n’a pas doté nos deux belles de la même attitude. Lia, interprétée par Gloria Guida, est en effet plus effacée, plus sensible, plus douce et plus réservée que la volcanique Tina, jouée par Lilli Carati, qui pour sa part, veut vivre toutes ses aventures et rencontres à fond, désirant multiplier les expériences sexuelles avec des garçons de passage. Nos deux jeunes insouciantes ne se doutent pas que la vie n’est parfois pas toute rose et elles ne s’attendent pas aux désillusions qui vont venir les frapper de plein fouet, ce qui se traduira pendant plus d’une heure de film par des situations cocasses et drôles, comme lorsque le chef de la communauté leur demande "un loyer" car de nos jours leur explique-t-il, faire vivre une communauté coûte de l’argent, ce qui provoque une colère noire de Tina, qui ira de surprise en surprise. Voyant de nombreux garçons dans la communauté, elle se dit que son désir sexuel va pouvoir être satisfait mais malheureusement pour elle, la gente masculine est totalement sous l’effet de la drogue et préfère passer son temps à dormir ou rêvasser plutôt que de s’occuper d’elle. Du comique de situation qui n’atteint pas toujours son but mais qui fait quand même bien sourire. Qui dit "sexy comédie" dit bien sur érotisme et le film n’en est pas avare, même si tout ça reste bien soft, mais pas désagréable, notamment quand c’est la superbe Gloria Guida qui se retrouve dans le plus simple appareil ou lorsqu’elle décide d’initier sa copine Tina à l’amour saphique, ce qui nous vaudra à nouveau une scène assez marrante puisque nos deux demoiselles vont faire ça devant un homme qui a toujours le visage maquillé de blanc et qui passe son temps dans la méditation et la prière. Sa concentration sera néanmoins mise à rude épreuve dans cette séquence et malgré sa foi en Dieu, il ne pourra résister à jeter quelques coup d’œil sur le sensuel ébat qui se déroule devant lui. Très érotique et très amusante également, la séquence où Tina se rend chez un professeur pour lui vendre une encyclopédie et qu’elle la joue femme fatale, chauffant ce pauvre monsieur de la plus impudique des façons avant de lui faire prendre une douche froide dont il se rappellera ! A travers ces différentes séquences nous montrant l’insouciance et le naturel de ces jeunes filles, qui ne font rien de mal en fait et ne pensent qu’à s’amuser, on peut se demander si Fernando di Leo ne dresserait un constat amer sur la jeunesse décadente, qui, sous prétexte de la jeunesse justement, s’autorise tous les excès, tous les comportements, quitte à franchir les limites du respectable. Fernando di Leo moralisateur ?? On a un peu de mal à le penser et pourtant, le destin tragique qu’il réserve à ses deux héroïnes pourrait le faire croire. En effet, Lia et Tina, réalisant que la liberté promise en venant s’installer dans la communauté n’est en fait qu’illusoire, et après une intervention de la police les obligeant à quitter cet étrange repaire, vont se retrouver dans un bar, et, avec toute la fraîcheur et l’insouciance qui les caractérisent, vont se mettre à danser de façon provocante, n’hésitant pas à s’embrasser même, devant une foule d’hommes qui n’en demandaient pas tant. Les hormones mâles se mettant en action, mais comment leur en vouloir devant les gestes et postures de nos deux belles, la situation se dégrade rapidement, obligeant à nouveau Lia et Tina à quitter ce refuge passager, ne comprenant pas la réaction de ces messieurs, alors qu’elles avaient un comportement pour le moins provocant. Vraiment ? Ne seraient-ce pas les codes de la morale qui ont rendu leur danse provocante et fait naître de fausses illusions dans les esprits masculins ? Toujours est-il que ces hommes, provoqués puis repoussés, ne vont pas s’en tenir là et sous l’impulsion de leur chef, un type avec une gueule patibulaire, ils vont aller retrouver Lia et Tina dans le bois avoisinant afin de leur réserver un sort auquel on ne s’attendait pas du tout. Frappées, violées, Tina allant même jusqu’à être pénétrer violemment avec un énorme bout de bois à de multiples reprises, puis laissées mortes dans l’indifférence générale. Le discours du chef, rappelant que les deux filles ont excité ses hommes pour ensuite ne rien leur proposer en retour, est assez éloquent et parfaitement moralisateur. Si le comportement des deux filles n’avaient pas été source de malentendu, elles seraient encore en vie. On se retrouve avec une morale un peu douteuse, qui tend à justifier le meurtre de deux adolescentes de 20 ans qui voulaient seulement profiter de la vie. Un final qui ne dure que cinq ou six minutes en tout et pour tout, mais qui fait l’effet d’un électrochoc et nous laisse plutôt abasourdi devant notre écran, tant on ne s’y attendait pas. La sexy comedie polissonne se transforme en cinq minutes en un drame horrifique, un rape and revenge dur et âpre, sans la partie revenge en somme. Un tel contraste avec tout ce qui a précédé ne peut que marquer les esprits et on comprend la stupeur qui s’est emparée des spectateurs venus uniquement zieuter les courbes et les charmes de Lilli Carati et Gloria Guida. Le plan final nous les montrant nues, allongées dans l’herbe, mortes, laisse un goût amer dans la bouche. Et on se rappelle alors la phrase d’introduction : "Avoir vingt ans. Je ne laisserai jamais personne dire que c’est le plus bel âge de la vie". La boucle est bouclée ! 

NOTE : 4/6



lundi 26 mai 2014

LA ROSE ÉCORCHÉE

LA ROSE ÉCORCHÉE
(La Rose écorchée / The Blood Rose / Devil's Maniac)

Réalisateur : Claude Mulot
Année : 1970
Scénariste : Edgar Oppenheimer, Claude Mulot, Jean Larriaga 
Pays : France
Genre : Epouvante
Interdiction : -12 ans
Avec : Philippe Lemaire, Anny Duperey, Elizabeth Teissier, Olivia Robin, Michèle Perello, Howard Vernon...


L'HISTOIRE : Le très célèbre peintre Frédéric Lansac fait la connaissance dans une galerie d’art de Moira, laquelle devient son amante. Alors que celle-ci désire organiser une fête costumée, Frédéric croise Anne, dont il tombe immédiatement amoureux et réciproquement. Il délaisse Moira et s’installe dans l’ancien château de ses ancêtres avec Anne pour vivre pleinement leur amour. Lors de la réception donnée pour le mariage, Moira s’invite sans permission et se dispute avec Anne, qui tombe par mégarde dans un feu de camp et se retrouve défigurée et paralysée à vie. Anne exige que Frédéric la donne pour morte. Elle choisit de vivre recluse dans le château, avec Frédéric qui sombre dans la dépression. L’arrivée d’Agnès, une ravissante infirmière venue pour s’occuper d’Anne n’arrangera rien puisque cette dernière, jalouse de la beauté d’Agnès, la tue. La vie continue de s’effondrer autour de Frédéric Lansac jusqu’au jour où il découvre que son botaniste était un ancien chirurgien de très haute renommée, spécialisé dans la reconstruction de visage…

MON AVIS : La rose écorchée s’avère être une bonne surprise, malgré son scénario un peu passe-partout. Comme bien souvent dans les films fantastiques français, le rythme est assez lent et l’amateur de séquences effrénées ne trouvera guère son bonheur dans ce cinéma contemplatif. Il serait néanmoins fort dommage de s’arrêter à ce détail et de se priver de la vision du film car dans son ensemble, il est vraiment digne d’intérêt. L’histoire d’amour tragique que nous présente Claude Mulot va en effet aller crescendo dans la dramaturgie et l’ambiance pessimiste qui s’en dégage est très bien entretenue par le réalisateur. La poésie est également bien présente dans cette œuvre (le titre est déjà très beau) et certains passages ne sont pas sans nous rappeler les films gothiques italiens des années 60. Le décor principal du film, à savoir le château aux couloirs labyrinthiques et ses jardins, sert particulièrement bien à restituer ce courant du cinéma d’épouvante. Un décor qui contraste fortement avec celui de l’institut de beauté et du jardin botanique, qui se révèlent d’une modernité exemplaire pour un film de cette époque. C’est dans ces différents endroits que les protagonistes vont vivre cette tragique histoire. Frédéric Lansac est interprété par Philippe Lemaire, acteur bien connu des amateurs de films de capes et d’épées ou de la saga des « Angélique » avec Michelle Mercier entre autres. Sa ravissante compagne Anne est incarnée quant à elle par Anny Duperey, qu’on reverra en 1983 dans un autre film fantastique français, à savoir Le démon dans l’île de Francis Leroi. Le célèbre Howard Vernon joue un personnage qu’il a interprété de nombreuses fois dans sa filmographie, celui d’un savant fou adepte de la chirurgie. Petite touche qui confère au film une certaine originalité et un certain décalage vis à vis du drame vécu par les deux héros, la présence de deux acteurs nains qui jouent les serviteurs de Frédéric Lansac. Vêtu d’une peau de bête pour l’un, privé d’un œil pour l’autre, ces deux compères font entrer une impression d’étrangeté dans le film, qui était plutôt ancré dans la réalité. Ils participeront à une scène de tentative de viol sur une donneuse potentielle de visage qui donnera également une petite touche malsaine à l’œuvre. Dans le rôle de Moira, celle par qui le drame arrive, on reconnaîtra (ou pas) Elizabeth Teissier, vous savez, la célèbre astrologue française très controversée. Tous ces acteurs et actrices promènent leurs silhouettes de façon parfois un brin monolithique, rigide, presque théâtrale (surtout les acteurs masculins) mais parviennent à donner un corps et une âme au film et à l’emmener vers des territoires prompts à satisfaire pleinement le spectateur avide de curiosité. Comme dans les films de Jean Rollin auquel on pense irrémédiablement en regardant La rose écorchée, la notion d’érotisme est présente. Les quelques actrices du film se retrouvent quasiment toutes dévêtues à un moment ou un autre. Cela reste fort soft et n’apporte pas grand chose de plus si ce n’est quelques visions plutôt agréables. Les séquences horrifiques sont également très sobres et fort peu visuelles, si ce n’est la scène où Anny Duperey se transforme en torche humaine. Claude Mulot joue beaucoup sur la suggestion, notamment en ne montrant jamais tout au long du métrage le visage ravagé par les flammes d’Anne, hormis vers la fin ou ce dernier s’avère particulièrement hideux. Malgré l’influence du film de Franju, Les Yeux sans Visage, nous n’aurons pas droit à des séquences d’opérations comme on pouvait en attendre, le personnage joué par Howard Vernon étant peut-être le « plus humain » du film. Car Claude Mulot nous présente une galerie de personnages guère sympathiques et plutôt déviants. Frédéric Lansac est un homme à femmes, virevoltant et butinant comme bon lui semble, jusqu’à ce qu’il découvre l’amour véritable avec Anne. L’idée que quelqu’un puisse lui refaire le visage l’entraînera vers la folie, devenant coupable d’enlèvements et de meurtres. Les deux nains sont des êtres abjects et pervers, Anne qui était si douce devient, après son accident, tyrannique, susceptible, colérique et plonge également dans une folie dévastatrice. Le climat du film vire progressivement vers la démence de ses personnages et rajoute ainsi à l’ambiance horrifique naissante, éclipsant la poésie romantique et macabre qui présidait jusque là. Après une première partie un peu statique et conçue sous forme de flashbacks qui alourdissent le déroulement de l’histoire, La rose écorchée se transforme rapidement en conte déviant, alternant romantisme noir et poésie macabre de bien belle manière, avant de s’aventurer vers des horizons plus horrifiques. Le film de Claude Mulot reste proche dans l’esprit des œuvres de Jean Rollin et ne démérite absolument pas de la comparaison, même si on remarque une plus grande retenue chez Mulot que chez Rollin. En tout cas, le métrage reste un bel exemple de fantastique gothique à la française, dont une vision s’impose pour en apprécier toutes les caractéristiques. A noter que la partition musicale est de grande qualité et accompagne à merveille les images et l’ambiance qu’elle est censée créer.

NOTE : 4/6




dimanche 25 mai 2014

I, FRANKENSTEIN

I, FRANKENSTEIN
(I, Frankenstein)

- Visionné via le BR 3D -

Réalisateur : Stuart Beattie
Année : 2014
Scénariste : Stuart Beattie
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Fantastique
Interdiction : /
Avec : Aaron Eckhart, Bill Nighy, Miranda Otto, Bill Nighy, Jai Courtney...


L'HISTOIRE : Adam, la créature de Frankenstein, a survécu jusqu'à aujourd'hui, grâce à une anomalie génétique survenue lors de sa création. Son chemin l'a mené jusqu'à une métropole gothique et crépusculaire, où il se retrouve pris par une guerre séculaire sans merci entre deux clans d'immortels. Adam va être obligé de prendre parti et de s'engager dans un combat aux proportions épiques...

MON AVIS : Ce film est l'adaptation d'un comic-book de Kevin Grevioux. Avec son scénario improbable, débutant à la fin du récit initié par May Shelley et mettant la créature de Frankenstein aux prises avec des hordes de démons et de gargouilles, couplé à des critiques catastrophiques de la part de la presse et de nombreux spectateurs, je n'attendais pas grand chose de ma vision de I, Frankenstein, hormis de bénéficier d'un spectacle à effets-spéciaux qui ferait vrombir les enceintes de mon home cinéma, à défaut d'être intelligent. Étant relativement bon spectateur et ayant apprécié la saga Underworld ou Van Helsing, films pop-corns dont se réclame I, Frankenstein au niveau de l'esthétisme visuel, j'avoue que j'ai eu ce à quoi j'espérais en terme de divertissement. Hérésie me direz-vous que ce film, bien éloigné des vieux classiques de la Universal, dont le scénario est bombardé d'incohérences et qui ne s'embarasse aucune mesure d'une quelconque crédibilité. J'en veux pour exemple une scène hautement humoristique dans laquelle la chef des gargouilles réprimande notre pauvre créature de Frankenstein parce qu'il combat les démons sans grande discrétion et pourrait se faire repérer par les humains. Rien de drôle là-dedans ? Ben si, surtout quand ces mêmes gargouilles détruisent des centaines de démons en pleine nuit, faisant exploser par la même occassion des maisons, toits, clochers et autres monuments, sans qu'aucun humain ne s'en aperçoive d'ailleurs. Il faudra me donner la marque des boules-quiès utilisées, elles sont drôlement efficaces ! Je ne vous parlerai pas de la scientifique qui découvre le secret du baron Frankenstein en lisant son carnet de notes et qui, consciente de la menace qui pèse sur l'humanité toute entière, représentée par cette expérience qui permet de donner la vie aux morts, refuse en toute honneur de la mener à bien malgré la demande d'un prince démon très puissant. On se dit que la fille est bien brave mais voilà, le démon est plus malin et assassine son collègue de travail, avec qui elle n'entretient aucune relation particulière si ce n'est celle du travail justement. Une mort qui l'affecte néanmoins au plus haut point puisqu'elle retourne directe sa veste et se lance dans le processus de ré-animation ! Autant d'absurdité ou d'illogisme confine carrément au génie ! Tout le film est un peu à l'avenant et on pourra trouver tous ces détails bien génants si on a un esprit cartésien ou qu'on n'aime pas qu'on nous prenne pour des demeurés. Sauf que pour ma part, j'ai trouvé ça plutôt sympa ! Si, si. Je me retrouve avec un bon gros nanar façon blockbuster, qui a fait saturer mon caisson de basse lors des nombreuses séquences de combats qui sont pourvues d'effets-spéciaux plutôt bien faits. Mention spéciale aux gargouilles, vraiment superbes ! Visuellement, j'ai trouvé ça assez beau et le rendu 3D est franchement très réussi, la profondeur apportant une splendeur picturale supplémentaire aux images et aux moults explosions. Bien dans la mouvance d'Underworld I, Frankenstein raconte d'ailleurs a peu de chose près la même chose, avec cette guerre ancéstrale entre deux clans, les démons et les gargouilles. Ca change des vampires et des loups-garous. N'allez pas chercher des références au livre de Mary Shelley, ce n'est pas du tout une relecture moderne du roman mais plutôt une sorte de suite gothico-fantasy nanaresque qui assure, quoi qu'on en dise, le grand spectacle. Alors certes, I, Frankenstein n'a rien d'un grand film, ni même d'un bon film si on s'arrête au à son enveloppe externe. Mais c'est un divertissement totalement décérébré, ultra fun, qui ne fait pas vraiment honneur au cinéma fantastique mais voilà, le résultat est bien moins décevant que tout ce que j'en avais lu et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde ! Il faut prendre ce film comme si c'était la firme Troma qui l'avait réalisé en fait. C'est un pur délire dans lequel tout le monde semble avoir lâché prise avec la réalité, les codes, les conventions cinématographiques, mais de façon totalement assumée ! Un film assez hallucinant en fait et certainement bien moins chiant que tous les longs métrages sélectionnés dans les festivals de film d'auteur...

* Disponible en BR 3D et DVD chez Metropolitan

NOTE : 4/6



samedi 24 mai 2014

NURSE

NURSE
(Nurse 3D)

- Visionné via le BR 3D -

Réalisateur : Douglas Aarniokoski
Année : 2013
Scénariste : Douglas Aarniokoski, David Loughery
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Horreur
Interdiction : -16 ans
Avec : Katrina Bowden, Paz de la Huerta, Corbin Bleu, Boris Kodjoe...


L'HISTOIRE : Le jour, Abby Russell est une infirmière attentionnée et dévouée. La nuit, c'est une femme envoûtante et fatale qui offre son corps à des inconnus avides qui payent de leur vie ces quelques heures de plaisir intense. Depuis peu, Abby s'est prise d'affection pour Danni, une jeune et belle infirmière fraîchement diplômée qui vient de rejoindre l'hôpital. Sous l'effet d'alcool et de drogue, cette dernière succombe aux charmes d'Abby et partage une nuit de passion avec elle. Mais au matin, honteuse, elle s'enfuit laissant Abby seule en proie à ses obsessions incontrôlables.

MON AVIS : Avec sa campagne de pub explicite, bardée d'affiches sexy et sanguinolentes, Nurse avait fait saliver les spectateurs, bavant devant la plastique de Paz de la Huerta, actrice connue pour être peu avare de ses charmes devant une caméra (Enter the Voïd par exemple). Si on s'attendait à visionner un film d'horreur érotico-gore, on sera plutôt déçu car en réalité, Nurse flirte bien plus avec le thriller, tout en accentuant l'aspect humour noir, ne se révélant gore que dans son dernier quart-d'heure. Par contre, niveau érotisme, on en aura pour notre argent, le réalisateur Douglas Aarniokoski ayant capitalisé sur son actrice principale et n'évitant jamais de la dénuder pour un oui ou pour un non. Véritable ange exterminateur affublé d'une mission quasi divine, à savoir dézinguer les méchants maris qui trompent leurs femmes, Abby Russell est un peu le pendant féminin du docteur Jekyll : infirmière émérite le jour, aimable et totalement dévouée à ses patients, elle devient une méchante Hyde quand ses pulsions meurtrières reprennent le dessus et n'hésites pas à arpenter les boites de nuit à la recherche de l'homme infidèle. Si la première demi-heure verse dans l'humour trash mais ne parvient pas vraiment à nous accrocher plus que ça, la relation qui va ensuite se développer entre Abby et une nouvelle infirmière, Danni (interprétée par la jolie blondinette Katrina Bowden, vue dans Tucker et Dale fightent le Mal), va se révéler plus intrigante et petit à petit, on commence à mieux cerner la personnalité ambigüe d'Abby, l'ambiance devient plus oppressante, et la comédie un peu balourde du début cède la place à un thriller plus intéressant et un peu plus palpitant, sans toutefois révolutionner quoi ce soit. La mise en scène est assez solide et quelques bonnes idées parsèment un récit somme toute banal. Paz de la Huerta promène sa silhouette dénudée et semble s'amuser malgré un visage assez fermé. Plus le film avance et plus le rythme se dynamise ; les événements se précipitent, quelques révélations classiques apparaissent (pourquoi notre tueuse de charme agit comme ça, avec trauma de l'enfance, rappellant les slashers movies...), donnant à l'ensemble un côté assez sympa sans jamais vraiment être transcendant. Le final verse enfin dans le gore bon enfant, dans le sadisme raffiné et s'avère franchement jouissif. Au final, ce thriller horrifique en milieu hospitalier pourra décevoir ceux qui en attendaient trop, alléchés par un matériel publicitaire efficace mais assez éloigné de l'ambiance du film lui-même. Mais en tout cas, une chose est sûre : ceux qui fantasment sur les infirmières trouveront ici leur film culte et les courbes affriolantes de Paz de la Huerta resteront sûrement gravées dans leurs mémoires, surtout via le BR 3D qui est tout simplement magnifique et  qui les met particulièrement bien en valeur...

NOTE : 3/6



vendredi 23 mai 2014

UNE FEMME DANGEREUSE

UNE FEMME DANGEREUSE
(Too Hot to Handle / Final Hit)

Réalisateur : Don Schain
Année : 1977
Scénariste : Jan Michael Sherman, Don Buday
Pays : Etats-Unis, Philippines
Genre : Action
Interdiction : -12 ans
Avec : Cheri Caffaro, Aharon Ipalé, Vic Diaz, Corinne Calvet, Jordan Rosengarten...


L'HISTOIRE : Samantha Fox est une femme plantureuse en plus d'être une redoutable tueuse à gages. Son nouveau contrat l'envoie à Manille afin d'exécuter trois dangereux malfrats. Sur place, elle fera la connaissance de l'inspecteur Domingo de la Torres qui ne mettra pas longtemps à avoir des soupçons la concernant, ce qui ne l'empêchera pas de tomber sous son charme...

MON AVIS : Produit typique des films d'exploitation, réalisé en 1977 par Don Schain, metteur en scène peu prolifique puisqu'il n'a que six films à son actif, dont la saga "Ginger McAllister" (Ginger, The Abductors et Girls are for Loving), personnage interprétée par sa compagne Cheri Caffaro, qui est justement l'héroïne du film qui nous intéresse ici, Une Femme Dangereuse est une sorte de Nikita avant l'heure, faisant du sexe faible une tueuse méthodique, maligne et qui sait user de son corps pour parvenir à ses fins et remplir ses contrats en bonne et due forme. Le principal intérêt du film est donc son actrice, la déjà nommée Cheri Caffaro, une blonde longiline qui n'a pas froid aux yeux ni aux fesses et qui n'hésite pas à se dévêtir à de nombreuses reprises devant la caméra de son mari et ce, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Notre tueuse de choc et de charme sait y faire pour se mettre dans la poche ses futures victimes et elle use de stratagèmes déroutants, digne d'un agent secret, qui donnent au film une sorte de côté parodique assez sympa, notamment quand elle se déguise en bonne à tout faire à la peau noire par exemple ! Dissimulée sous de multiples identités, la blondinette sait également faire preuve d'une inventivité redoutable quand il s'agit de faire passer quelqu'un de vie à trépas : étouffement, poison paralysant, électrocution, guerre des gangs arrangée et j'en passe. Le tout exécuté d'une main de maître et en ne laissant aucun indice susceptible de lui nuire ! Une vraie professionnelle du crime, motivée par un événement tragique survenu quelques années auparavant. La séquence dans laquelle elle se confie et dévoile la raison de ses agissements nous ferait presque verser une petite larme ! Seul l'inspecteur Domingo de la Torres la soupçonne mais comme il la trouve diablement sexy, il préfère la mettre dans son lit plutôt que de chercher de véritables preuves pour l'inculper. A moins que ce ne soit l'inverse ! Car oui, dans Une Femme Dangereuse, c'est bien la gent féminine qui porte la culotte et qui fait sa propre loi. Les hommes ne sont que des objets aux yeux de Samantha Fox, qui les manipule sans aucune gène, et si le sexe doit être sa meilleure arme, aucun soucis là-dessus ! Les amateurs du cinéma bis apprécieront fortement certains séquences du film, qui sont parfois assez hallucinantes. Je citerai pour ma part celle du combat de coq, spectacle barbare qui procure à notre héroïne un vrai plaisir sadique qui la fera s'imaginer en plein orgasme !  Shocking ! Si Une Femme Dangereuse est un divertissement grindhouse plutôt agréable, j'avoue que j'ai nettement préféré Attaque à mains nues, disponible chez le même éditeur. Car le film de Don Schain, malgré un capital sympathie certain, s'enlise assez souvent dans un rythme pas très accrocheur et dans une mise en scène sans réelle saveur, voire paresseuse. Les quelques scènes d'action ou de combats sont franchement peu entraînantes, comparées à celles du film de Cirio H. Santiago. Toutes les interventions entre l'inspecteur de la Torres et son équipier (interprété par Vic Diaz), plombent également le rythme du film et rendent le tout bien laborieux. Reste donc une actrice agréable à regarder, un côté érotique bien mis en valeur et un rendu final qui devrait satisfaire les amateurs de "drive-in movie". 

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 3/6




jeudi 22 mai 2014

ATTAQUE A MAINS NUES

ATTAQUE A MAINS NUES
(Firecracker / Naked Fist)

Réalisateur : Cirio H. Santiago
Année : 1981
Scénariste : Cirio H. Santiago, Ken Metcalfe
Pays : Etats-Unis, Philippines
Genre : Arts-martiaux, Action
Interdiction : -12 ans
Avec :  Jillian Kesner, Darby Hinton, Rey Malonzo, Ken Metcalfe, Vic Diaz...


L'HISTOIRE : La séduisante américaine Susanne Carter se rend aux Philippines pour rechercher sa sœur Bonnie, qui a disparu pendant qu’elle écrivait un article sur la mafia locale. Les investigations de Susanne la conduise au night-club Arena, qui offre des combats de karaté comme distraction aux touristes. Elle-même ceinture noire de cette discipline, Susanne se fait remarquer par le patron et par Chuck, son homme de main qui ne reste pas insensible à ses charmes. Mettant à profit sa couverture, Susanne découvre que le night-club sert également de plaque tournante à un trafic de drogue et que des combats à mort sont également organisés dans les sous-sols de l'établissement, combats sur lesquels parient des joueurs fortunés...

MON AVIS : Un grand merci à l'éditeur Le Chat qui Fume pour nous avoir offert cette perle du cinéma bis 80's ! Attaque à mains nues est un pur bijou du cinéma d'action de cette décennie si propice à toutes les extravangances possibles, et qui ne reculait devant rien pour en offrir toujours plus au public. Dire qu'Attaque à mains nues est un film généreux ne ferait qu'amoindrir cette stricte vérité. Car le réalisateur philippin Cirio H. Santiago, à qui l'on doit des films de genres divers et variés tels Stryker, Les Roues de Feu, Hell Hole, Dynamite Jackson, 3 Panthères au combat ou bien encore Caged Fury pour les plus connus, nous offre ici un cocktail ébouriffant mêlant arts-martiaux, action, érotisme et gore, le tout sur un rythme survitaminé qui ne laisse guère de place à l'ennui. C'est bien simple, l'histoire n'est qu'un simple prétexte pour enchaîner tambour battant les scènes de combats de façon quasiment ininterrompue : on a une discussion de cinq minutes ? Hop, ça enchaîne sur un combat. L'héroïne se balade dans les rues ? Hop, elle se fait agresser et met en pratique ses dons de karatéka. Tout le film est à l'avenant et il faudrait vraiment faire le difficile ou la fine bouche pour ne pas trouver le spectacle détonnant. Évidemment, les scènes d'action sont fortement marqués par leur époque et on ne risque pas de tomber nez à nez avec Jet Li ou Jason Statham. Mais qu'importe ! Le charme opère réellement et on passe un vrai bon moment devant notre écran. Surtout que le casting vient apporter une touche bis supplémentaire qui nous fait littéralement jubiler : on a pèle-mêle un clone de Bruce Lee (Rey Malonzo, excellent lors de la séquence finale), un clone de John Holmes (Darby Hinton, avec moustache et coupe de cheveux improbable, expert en déshabillage à coup de couteau !), un asiatique aussi méchant que bête (Vic Diaz, vu dans une tripotée de films) et surtout, une héroïne blonde comme les blés et très joliment pourvue par Dame Nature, comme on s'en apercevra dans la séquence culte du film, dans laquelle elle combat deux affreux, en tenue plus que légère, à mains nues tout comme sa poitrine ! Interprétée par Jillian Kesner, qui ne fit pas une grande carrière, notre championne en arts-martiaux s'avère convaincante dans les phases d'action (ce n'est pas Cynthia Rothrock mais bon...) et ça fait rudement plaisir de voir une femme mettre des raclées aux hommes dans un film ! Cerise sur le gâteau, Cirio H. Santiago parsème quelques séquences d'une touche de violence bienvenue, et met à profit son décor, avec l'utilisation d'une scie circulaire par exemple. On a donc droit à quelques petites éclaboussures sanglantes, qui trouveront leur point culminant lors du combat final, avec un joli planté de bâton dans les yeux, pour un résultat cette fois vraiment gore. Si Attaque à mains nues souffre de quelques légers défauts, comme des raccords pas toujours très heureux, voire même un peu abruptes lors de certaines transitions, ceux-ci n'empêchent pas le film d'être un divertissement de qualité, bénéficiant d'une bande sonore funky qui le tire encore vers le haut. Bref, n'hésitez pas à acheter Attaque à mains nues, vous passerez 1h18 en bonne compagnie et vous en aurez largement pour votre argent !

* Disponible en DVD chez LE CHAT QUI FUME

NOTE : 4/6

mercredi 21 mai 2014

GATSBY LE MAGNIFIQUE

GATSBY LE MAGNIFIQUE
(The Great Gatsby)

- Visionné via le BR 3D -

Réalisateur : Baz Luhrmann
Année : 2013
Scénariste : Baz Luhrmann, Craig Pearce
Pays : Etats-Unis, Australie
Genre : Drame, Romance
Interdiction : /
Avec : Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire, Joel Edgerton, Elizabeth Debicki, Isla Fisher...


L'HISTOIRE : Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool. Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines, de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges...

MON AVIS : En 1996, Baz Luhrmann signe une adaptation moderne d'un célèbre texte de Shakespeare avec Roméo + Juliette et fait éclater son univers visuel et coloré, faisant de Leonardo DiCaprio une star. Il récidive en 2001 avec le sublime Moulin Rouge, qui mêle époque d'antan et chansons contemporaines avec un rare brio. Cet univers si particulier, Luhrmann l'abandonne en 2008 avec Australia, avant de replonger de plein fouet dedans en 2013, avec son adaptation de Gatsby le Magnifique, grand classique littéraire de Francis Scott Fitzgerald qui avait déjà été plusieurs fois adapté pour le cinéma, la plus célèbre version étant celle de 1974, réalisé par Jack Clayton avec Robert Redford dans le rôle-titre et Mia Farrow dans celui de Daisy. Dans cette version 2013, c'est Leonardo DiCaprio qui endosse le costume de Gatsby et ce, avec une classe et un talent certain, même si sa prestation dans ce film n'est pas la meilleure de l'acteur. Pour lui donner la réplique, Luhrmann a fait appel à la ravissante Carey Mulligan, mignonne à croquer en Daisy, et à Tobey Maguire, parfait en en écrivain dépressif se remémorant sa vie aux côtés de Gatsby. Un trio autour duquel gravite de nombreux autres protagonistes qui auront tous un rôle à jouer dans ce beau mélodrame. Si la première demi-heure peine à nous plonger dans le film, la suite réhausse le niveau et on finit par accrocher à cette reconstitution d'époque dont le seul but, au final, est de nous présenter une love-story impossible et de faire vibrer des émotions diverses. Certainement trop long et ayant gagné à être un peu raccourci, Gatsby le Magnifique bénéficie en premier lieu de la mise en scène virtuose de Baz Luhrmann, que certains ne manqueront pas de qualifier de "tape-à-l'oeil". Certes, les décors, les costumes, les couleurs éclatantes, les mouvements de caméra, l'utilisation de chansons modernes et la présence de la 3D, ici de toute beauté, nous ramènent aux deux films cités plus haut et font de Gatsby le Magnifique un film flamboyant et splendide, un spectacle visuel de tous les instants qui régale les pupilles et nous en met plein la vue. Une débauche de trouvailles visuelles et sonores qui n'en font pas oublier pour autant que le film nous raconte une histoire d'amour qui est la seule raison d'exister du personnage principal. Tout ce que fait Gatsby est au service de sa romance avec Daisy. Des tonnes de sueur dépensées pour sa dulcinée malheureusement déjà mariée et cette romance, on s'en doute, finira dans une dimension tragique inévitable. Si le film possède quelques défauts notables, le personnage même de Gatsby est profondément attachant. C'est un doux rêveur, qui vit dans le monde qu'il s'est lui-même créé, sans se douter qu'un simple grain de sable peut enrayer son univers qu'il croit contrôler entièrement. Les dialogues du film, et notamment ceux du personnage interprété par Tobey Maguire, narrateur nous contant toute l'histoire, sont franchement très bons et apportent une vraie dimension dramatique au film, principalement lors du final fort émouvant. Il faudrait être assez difficile pour bouder son plaisir devant Gatsby le Magnifique et même s'il n'est pas un chef-d'oeuvre et s'avère être en deça de Romeo + Juliette ou de Moulin Rouge, on ne pourra pas reprocher à Baz Luhrmann d'avoir accompli un travail colossal au niveau de la mise en scène, peut-être même trop au dépend de l'histoire elle-même et de la consistance de certains personnages.

NOTE : 4,5/6



mardi 20 mai 2014

JOE

JOE
(Joe)

Réalisateur : David Gordon Green
Année : 2013
Scénariste : Gary Hawkins
Pays : Etats-Unis
Genre : Drame
Interdiction : -12 ans
Avec : Nicolas Cage, Tye Sheridan, Gary Poulter, Ronnie Gene Blevins, Adriene Mishler...


L'HISTOIRE : Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile…

MON AVIS : Adaptation cinématographique du roman de Larry Brown, Joe nous plonge deux heures durant dans un univers sombre et vraiment nihiliste, dans lequel on ne trouve seulement que quelques petites touches de positif qui viennent apporter un léger brin de lumière à ce drame social et déprimant. C'est l'histoire d'une rédemption, celle de Joe justement, magistralement interprété par un Nicolas Cage en pleine possession de ses moyens et qui prouve qu'il reste un très bon acteur, quand on lui propose des rôles dramatiques de cette envergure. Un personnage touchant, humain, un écorché vif qui tente de rester dans le droit chemin sans s'égarer dans des sentiers dangereux. Une lutte intérieure de tous les instants, mise à mal par l'arrivée d'un jeune garçon avec qui il va se lier d'amitié. Tous les personnages du film sont des marginaux, des laissés pour compte, des rebuts de la société, qui tentent de survivre tant bien que mal. Au milieu de cette déchéance sociale particulièrement réaliste, de cette violence marginale, le jeune Gary, 15 ans, fait figure d'ange rédempteur justement, malgré ses nombreux soucis qu'il a avec son père, un alcoolique violent qui n'a d'autre but dans la vie que de passer ses journées à se saouler. Travailleur, voulant s'en sortir, voulant donner une meilleure vie à sa famille, il incarne la note positive du film, le brin de lumière cité plus haut. Il est d'ailleurs dommage que le réalisateur David Gordon Green n'ai pas pris le temps de développer le personnage de la mère et de la petite soeur de Gary et qu'il ai préféré plomber son film de scènes pas toujours utiles, souvent longues, voire superflues ou pas très intéressantes. Il est certain que ces séquences (Joe découpant un cerf, Joe au bordel, Joe cherchant son chien...) participe à mettre en avant l'ambiance délétère qui ronge les personnages mais c'est plus l'ennui qui nous gagne. Mettre en avant la relation familiale de Gary aurait certainement apporté plus d'émotions à Joe et aurait dynamiser un rythme pas toujours soutenu et ne se montre pas toujours efficace ou à la hauteur des thèmes développés. La mère et la soeur de Gary sont là mais on ne sait pas vraiment pourquoi au final. Le jeune garçon aurait vécu uniquement avec son père que ça aurait été la même chose. On regrettera également un final certes puissant mais totalement attendu, sans surprise aucune et qui n'évite pas le cliché le plus outrancier. Cette chronique offrant une vision bien pessimiste du sud profond des Etats-Unis vaut donc principalement pour son trio d'acteurs et aurait gagnée à être raccourcie d'une bonne demi-heure et à se focaliser d'avantage sur la relation Joe / Gary. Trop prévisible, elle distille quand même quelques images fortes et de belles émotions. A noter que le père de Gary a été interprété par un véritable sans-abris, décédé quelques mois après la fin du tournage. 

NOTE : 3/6


lundi 19 mai 2014

MANIAC COP 2

MANIAC COP 2
(Maniac Cop 2)

Réalisateur : William Lustig
Année : 1990
Scénariste :  Larry Cohen
Pays : Etats-Unis
Genre : Policier, Horreur
Interdiction : -12 ans
Avec : Robert Davi, Claudia Christian, Michael Lerner, Robert Z'Dar, Bruce Campbell...


L'HISTOIRE : Teresa et Jack vont bientôt pouvoir réintégrer leur service après leur combat contre Matt Cordell. Mais le nouveau commissaire ne veut pas croire à l'existence de ce dernier, supposé mort à la prison de Sing-Sing et il demande aux deux policiers d'aller consulter la psychologue Susan Riley, qui doit également établir un rapport sur l'inspecteur McKinney, un flic aux méthodes assez expéditives. Pendant ce temps, New York vit toujours dans la terreur puisqu'un sérial-killer assassine des strip-teaseuses et que Matt Cordell, bien vivant, continue de se faire justice...

MON AVIS : Conçu avec un faible budget et ayant eu un gros succès en vidéo, le premier Maniac Cop nous laissait sur une ultime image nous montrant la main de Matt Cordell sortir de l'eau après avoir subi un accident de camion lors de son affrontement avec les policiers Jack et Teresa. Il était donc évident qu'une suite allait être mise en chantier et ce sera chose faîte deux ans après avec Maniac Cop 2, réalisé en 1990, toujours par William Lustig et toujours avec Larry Cohen au scénario. Bien conscient que la quasi majorité des séquelles sont moins bonnes que le film original, William Lustig a donc un gros défi à relever. Avec un budget supérieur au premier volet, il poursuit les aventures de Matt Cordell, qui apparaît ici un peu plus humain tout en restant une machine à tuer. Mais le scénario lui donne une raison d'agir ainsi, à savoir restaurer son honneur, bafoué par certains pontes de la police et de la ville elle-même, qui n'ont pas hésiter à l'envoyer en prison afin qu'il arrête de mettre le doigt là où ça fait mal. De tueur psychopathe, Matt Cordell devient donc quasiment une victime et ce monstre sanguinaire devient presque touchant, à la manière de la pauvre créature de Frankenstein. Une référence d'ailleurs revendiquée par le réalisateur, qui a voulu se rapprocher le plus possible du film de Rowland V. Lee, Le Fils de Frankenstein (1939), notamment en ce qui concerne la relation qui s'installe entre le sérial-killer et Matt Cordell. Pour pousser encore plus loin le clin d'oeil à ce film, Lustig va même jusqu'à faire arborer au sérial-killer une barbe hirsute, rappelant dès lors le personnage d'Igor interprété par Bela Lugosi. Suite directe au premier film, on retrouve les deux personnages interprétés par Bruce Campbell et Laurene Landon, cette dernière ayant une scène très sympa dans laquelle elle se retrouve armée d'une tronçonneuse ! Mais ils disparaissent bien vite pour laisser leur place à de nouveaux protagonistes, à savoir le lieutenant McKinney (interprété par Robert Davi et sa trogne reconnaissable entre toute) et la psychologue Susan Riley (interprétée par Claudia Christian, vue dans Hidden en 1987 puis dans une multitude de séries télévisées). Personnellement, malgré les différents points énoncés ci-dessus, je préfère Maniac Cop à Maniac Cop 2. Même si ce dernier est tout à fait recommandable, se montre divertissant et bénéficie de quelques scènes d'actions rondement menées, j'ai plus apprécié le premier volet de par la nature même des actes de Matt Cordell. Dans Maniac Cop 2, les exactions du policier psychopathe sont bien moins violentes et le fait d'avoir rendu ce personnage-clé moins monstrueux, plus accessible, lui faire perdre de son aura de "boogeyman" indestructible. J'ai également trouvé que ce second volet était un peu moins bien maîtrisé que le premier et qu'il se montrait plus paresseux (on a le droit au flashback en intégral nous racontant comment Cordell s'est fait mutilé en prison, flashback qu'on avait déjà vu dans le numéro 1...), moins rythmé, moins nerveux si ce n'est lors du final. Pour ma part, William Lustig n'a pas réussi à vaincre la malédiction qui veut qu'une suite soit moins bonne que l'original car c'est effetcivement le cas avec Maniac Cop 2. Reste donc une série B agréable et pas déshonorante, mais en deça de premier film.

NOTE : 3/6