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samedi 13 mars 2021

LES CHARNELLES

 

LES CHARNELLES
(Les Charnelles)

Réalisateur : Claude Mulot
Année : 1974
Scénariste : Claude Mulot
Pays : France
Genre : Drame, Erotique
Interdiction -16 ans
Avec : Francis Lemonnier, Patrick Penn, Anne Libert, Barbara Sommers, Katia Tchenko...


L'HISTOIRE Psychologiquement instable, perverti par sa belle-mère dans des jeux sexuels particulièrement troubles, Benoît Landrieux, jeune homme marginal vivant dans l’ombre de son riche industriel de père, est devenu un voyeur à l’adolescence. Seule sa déviance lui permet désormais de retrouver sa virilité. Sa rencontre avec Jean-Pierre et Isabelle, couple de paumés vivant de larcins, va l’entraîner dans une folle cavale marquée par des actes de violence de plus en plus graves, jusqu’à atteindre le point de non-retour...

MON AVIS :  Réalisateur du poétique La Rose écorchée en 1970, vibrant hommage au film Les Yeux sans Visage de Franju, puis du malsain La Saignée en 1971 et Profession : Aventuriers en 1973, Claude Mulot met en scène en 1974 deux films, un drame érotique, Les Charnelles, et une comédie, Y'a pas de mal à se faire du Bien, avant de basculer totalement dans le cinéma pornographique dès 1975, avec le film culte Le Sexe qui Parle. Il reviendra au cinéma plus traditionnel en 1981, après avoir réalisé cette même année le chef d'oeuvre du X français, La Femme Objet. Mais revenons à l'année 1974 et à ce film qu'on peut considérer comme étant une oeuvre charnière dans la filmographie de Mulot. Avec Les Charnelles, le réalisateur nous propose, sous couvert de l'érotisme, un film plus mature qu'il n'y paraît, et qui met principalement en vedette un personnage névrosé, frustré, qui va basculer dans la violence et le meurtre pour réussir à surmonter son impuissance sexuelle. Une impuissance qu'on découvre dès l'amusante scène introductive, dans laquelle Benoît Landrieux, interprété par Francis Lemonnier, se fait séduire par une charmante blondinette qui n'a pas froid ni aux yeux ni au cul, puisqu'elle lui propose carrément, de manière poétique et musicale certes, une partie de jambe en l'air dans les bois. Malheureusement pour notre séducteur roulant en décapotable, la vision du corps totalement dénudé et offert de la jeune fille ne lui procure aucune réaction dans le pantalon, ce qui provoque un petit fou rire de la demoiselle. Une humiliation pour Benoît, dont l'enfance peut expliquer ce blocage envers la gent féminine. Ayant perdu sa mère à deux ans, puis éduqué par une belle-mère pour qui la pudeur est inexistante, le rapport au corps féminin ne s'est pas fait dans les meilleures conditions pour notre pauvre héros, qui a, de plus, des rapports conflictuels avec son père, l'important PDG d'un groupe pharmaceutique. Devant l'oisiveté de son fils, ce dernier n'est pas tendre et décide de lui couper les vivres s'il ne se met pas à travailler. On sent que Mulot a une dent contre le patronat et les hommes riches, qu'il préfère défendre les ouvriers, et que l'inclusion d'un sous-texte social dans son film n'est pas anodin. Profondément pessimiste, Les Charnelles bascule même dans le sordide quand Benoît, après avoir rencontré Jean-Pierre (Patrick Penn), un jeune voyou qui voulait lui voler sa voiture et à qui il va proposer de cambrioler l'usine de son père, s'arrête au bord de la route pour venir en aide à Isabelle (la célèbre Anne Libert), cette dernière s'apprêtant à être violée par son beau-père ! Cette scène est traitée de manière frontale et les dialogues nous font comprendre que ce n'est peut-être pas la première fois que ça arrive. Une fois sauvée, Isabelle rejoint donc nos deux anti-héros et ce curieux trio va nous rappeler celui du film Les Valseuses, en plus sombre. Tentative de cambriolage ratée, tentative de chantage auprès du paternel qui ne se passe pas comme prévu, puis chantage à l'insu de sa belle-mère, que Benoît n'hésites pas à mettre dans les bras de Jean-Pierre afin de pouvoir la filmer et ainsi obtenir de l'argent, toutes les tentatives pour sont bonnes pour vivre la grande vie sans ne jamais bosser. Isabelle tombe amoureuse de Jean-Pierre et réciproquement, et leurs ébats sont constamment observés par un Benoît voyeur, narcissique, misogyne et pervers. Les séquences érotiques dans Les Charnelles sont nombreuses, flirtent parfois avec la pornographie sans jamais y sombrer mais elles participent toutes à l'ambiance assez nihiliste du film et surtout, à mettre en avant la névrose de Benoît. La scène d'amour entre Isabelle et Jean-Pierre est joliment filmée, avec une atmosphère psychédélique du plus bel effet. Plus le film avance, plus la frustration de Benoît est omniprésente et plus on sent qu'un drame va arriver. Ce sera en effet le cas avec un basculement dans la violence homicide pour Benoît, violence qui lui procurera les sensations tant attendues au niveau de son entre-jambe. Si Isabelle et Jean-pierre se rendent bien compte que le comportement de Benoît devient de plus en plus menaçant et que son instabilité psychologique gagne du terrain, il faudra attendre la séquence avec une jolie brune qui va devenir une future victime de Benoît pour que les deux amoureux réagissent. Une scène efficace, dont l'action se place dans un hammam et qui nous expose de manière directe et sans concession la folie de Benoît. Avec ce sujet de scénario intéressant, qui mélange les genres (drame, policier, thriller psychologique, film érotique...), et écrit par Mulot lui-même, avec son casting approprié, avec une belle partition musicale, dont un beau thème joué au piano, Les Charnelles a de quoi séduire. Dommage que le film se montre parfois un tantinet ennuyeux, pas assez rythmé, pour véritablement emporter l’adhésion. Reste une oeuvre singulière, qui évoque un certain mal de vivre, et qui ne respire pas vraiment la joie de vivre. A noter que Claude Mulot signa ce film sous le pseudonyme de Jean-Paul Guibert, quant il utilise celui de Frédéric Lansac, nom tiré de son film La Rose écorchée, pour le scénario et que Mulot gardera pour toute sa filmographie X. Le film s'appelait au départ Les Enfants de la Nuit et il est sortit en VHS sous le titre de Nevro, avec une illustration de Laurent Melki

* Disponible en coffret BR 4K + BR + DVD BONUS chez -> LE CHAT QUI FUME <-   
Désireux de mettre en avant ce curieux cinéaste qu'était Claude Mulot, l'éditeur Le Chat qui Fume fait les choses en grand ici, puisque Les Charnelles est proposé en BR mais aussi en UHD, avec une copie remasterisée et proposée en version intégrale, ce qui n'était guère le cas auparavant. En disque bonus, on trouve le DVD du film de Claude Mulot, Black Venus. Et niveau bonus, comme d'habitude, il y a foule au balcon, avec :
 • Interview Anne Libert (21 min)
• Interview Gérard Kikoïne (27 min)
• Interview Francis Mischkind (34 min)
• Piste musicale isolée
• 2 scènes inédites (3 min30)
• Générique inédit (2 mn)
• Film Annonce.




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