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vendredi 12 mars 2021

MEURTRES SOUS CONTRÔLE

 

MEURTRES SOUS CONTRÔLE
(God Told me To)

Réalisateur : Larry Cohen
Année : 1976
Scénariste : Larry Cohen
Pays : Etats-Unis
Genre : Thriller, Fantastique
Interdiction : -16 ans
Avec Tony Lo Bianco, Deborah Raffin, Sandy Dennis, Sylvia Sidney, Richard Lynch...


L'HISTOIRE : A New York, l'inspecteur Peter J. Nicholas est confronté à une vague de meurtres, perpétrée par des individus divers, qui proclament tous avoir agi car "Dieu leur a ordonné". Cette sentence déstabilise l'inspecteur dans sa propre Foi, étant catholique et très croyant. Son enquête va l'amener à remettre en question ses croyances...

MON AVIS : Le réalisateur Larry Cohen, décédé en 2019, est un spécialiste de la série B à faible budget qui remplit le cahier des charges imposé. Jamais hors budget, toujours dans les temps, Larry Cohen est un maître-artisan, à qui on doit d'excellents scénarios et de nombreux films efficaces, tels Black Caesar, Le Monstre est Vivant, Epouvante sur New York, The Stuff ou L'Ambulance entre autres. C'est également lui qui a créé, en 1967, la mythique série télévisée Les Envahisseurs. Bref, réalisateur / scénariste / producteur, Larry Cohen est un touche-à-tout qui réussi à donner à ses œuvres un cachet particulier et des qualités certaines. En 1976, il met en scène ce qui est assurément sa plus grande réussite, à savoir ce Meurtres sous Contrôle, un des films les plus originaux du cinéma fantastique ! Bénéficiant d'un scénario écrit par Cohen lui-même, qui le développait et le faisait progresser durant le tournage, ce film nous propose en effet une histoire des plus captivantes, qui mêle éléments fantastiques et science-fictionnels dans un décor réaliste, à savoir la ville de New York. Son héros, l'inspecteur Nicholas, superbement interprété par Tony Lo Bianco, qui venait d'avoir le rôle principal dans Les Tueurs de la Lune de Miel en 1970 et qui était apparu dans French Connection en 1971, est lui aussi censé être très terre-à-terre de par son travail qui demande rigueur et esprit cartésien. On découvre que sa vie est un peu compliquée, devant gérer un divorce et satisfaire son amante, jouée par la charmante Deborah Raffin. On apprend surtout qu'il est très croyant, qu'il va régulièrement à l'Eglise et que sa Foi en Dieu est totale. Une Foi que les divers événements qui vont émailler son enquête va remettre en cause. Le film débute par une excellente scène introductive, nous présentant un tireur fou qui abat ses victimes au hasard, perché au sommet d'un château d'eau. L'inspecteur va jouer les négociateurs pour essayer d'en savoir plus sur les motivations du sniper, qui se résument en une seule phrase : "Dieu me l'a ordonné". Plusieurs cas similaires vont mettre la ville de New York en panique et toujours la même phrase terrifiante qui sort de la bouche des tueurs, qui ne sont que des gens ordinaires semblant avoir pété un boulon. Hystérie collective, prise de drogue ou autre ? L'inspecteur Nicholas tente de trouver des indices pouvant le mettre sur la voie. Il semblerait que tous les tueurs aient croisé la route d'un mystérieux jeune homme aux cheveux blonds et longs, qui se ballade pieds nus dans les rues de la ville et dont les témoins affirment ne pas avoir réussi à distinguer le visage, comme si il irradiait quand on le regardait. Il n'en faut pas plus à notre esprit pour imaginer qu'on est en présence d'un nouveau Messie débarqué sur Terre ou tout simplement à un gourou ayant trouvé quelques âmes déboussolées et facilement manipulables. L'histoire intrigue encore plus, le suspense monte d'un cran et la traque menée par l'inspecteur va l'amener dans des territoires inconnus et prendre des chemins auxquels on ne s'attendait pas. Larry Cohen, amoureux de sa ville de New York, filme les rues et les bâtiments avec brio, rend hommage à son maître Alfred Hitchcock lors d'une scène d'agression dans une escalier superbement mise en scène et qui nous rappelle la chute du policier dans Psychose, et laisse son esprit tordu et délirant prendre possession du scénario, qui n'hésite pas à mélanger religion, manipulation des foules et abductions extra-terrestres, rien que ça ! C'est d'ailleurs l'un des premiers films à mettre en image ces histoires de kidnapping d'êtres humains par des entités venus d'un autre monde afin de se livrer à une procréation non désirée par les victimes féminines. On assiste à deux séquences de ce type lors de flashbacks qui prennent une tonalité sépia du plus bel effet, et, malgré le manque de moyens financiers, Larry Cohen use de système D et utilise des stock-shots provenant de la série Cosmos 1999 pour nous montrer l'abduction et l'insémination d'une femme et ça marche du tonnerre, seul un œil connaissant parfaitement cette série culte pouvant voir que le vaisseau ou le décor de la salle d'insémination provient d'un de ses épisodes. La rencontre avec le blondinet aux pieds nus évoqués plus haut, interprété par Richard Lynch, sera l'occasion d'aller encore plus loin dans le délire visuel, je vous laisse la surprise ! Sûr que David Cronenberg a du apprécier cet aspect de l'histoire et sa mise en pratique par l'équipe des effets-spéciaux ! Si on peu voir dans Meurtres sous Contrôle une critique de la religion et surtout du fanatisme religieux, plusieurs phrases dans le film évoquant la dangerosité des illuminés de Dieu, Larry Cohen s'en est toujours défendu. En tout cas, pour une petite série B, Meurtres sous Contrôle se montre rudement efficace, intelligent et diablement bien foutu ! Le  jury du 5ème festival d'Avoriaz ne s'y ait pas trompé puisqu'il a décerné au film le Prix Spécial du Jury, ce qui est amplement mérité ! Vraiment un très bon film fantastique !

* Disponible en combo DVD + BR + Livret chez -> RIMINI EDITIONS <-   
C'est un vrai plaisir que de revoir ce film dans d'aussi bonnes conditions techniques. On a une belle édition, avec boitier trois volets et fourreau, qui comprend un livret de Marc Toullec et plusieurs bonus, dont une présentation du film et de Larry Cohen par Alexandre Jousse, deux interviews de Larry Cohen enregistrés lors de sa présence dans divers festivals projetant ses films, un interview de Tony Lo Bianco, un de Steve Neil, responsable des effets-spéciaux, ainsi que la bande-annonce et des spots TV.


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